Les Millennials : des salariés-consommateurs ?

07/02/2018

Mais où est passée la quête de sens ?

Après avoir vu comment les Millennials appréhendaient l’emploi, à partir des résultats de l’étude sur Les préoccupations des moins de 35 ans en matière d’emploi éditée en février 2018 par BVA et DOMPLUS, nous allons nous pencher sur les critères de choix professionnels et la vision du travail des Millennials.

Salaire, services, avantages, confort… mais où est passée la quête de sens ?

 

A Millennial job interview from @TheDanielBrea on Vimeo.

 

Le salaire et l’ambiance de travail : les critères qui comptent le plus dans les choix professionnels

Quels sont les critères qui comptent le plus dans les choix professionnels ? D'après l'étude DOMPLUS BVA, il s’agit du salaire à 71% et de l’ambiance de travail à 62%, très loin devant le contenu et la nature des tâches effectuées (45%).

Des chiffres qui cachent cependant de grandes disparités... En effet, sur le salaire, l’écart est important entre les 30-34 ans (74%) et les 18-24 ans (68%). Peut-être un reflet d’une étape professionnelle et personnelle pour les plus âgés ? Le tournant de la trentaine qui correspond souvent simultanément à la parentalité et à une prise de responsabilités managériales, laquelle s’accompagne d’un « gap » (ou un souhait de « gap » qui, inassouvi, peut engendrer de l’insatisfaction) en termes de rémunération ?

Pour l’ambiance de travail, l’écart est très prononcé entre les employés (72%) et les cadres (49%).

Enfin, concernant le contenu et les tâches effectuées, c’est un critère important pour 51% des femmes…mais pour 39% des hommes seulement. Une information assez surprenante alors qu’on a tant lu et entendu parler de la quête de sens éperdue des Millennials

Finalement, le packaging compterait-il plus que le travail en lui-même ?

 

Une préférence pour un bureau attitré en entreprise

En termes de mode de travail, contre toute attente, les 2/3 des moins de 35 ans favorisent le travail en entreprise (65%), avec une préférence pour un bureau attitré. C’est particulièrement vrai pour les personnes ayant fait des études supérieures et les 18-24 ans.

Le télétravail (27%) et surtout le coworking (8%) séduisent moins… (35%) avec des niveaux de réponse supérieurs pour les 30-34 ans (un besoin de flexibilité du fait de la parentalité, peut-être ?) et les personnes non diplômées. Une information importante qui peut éclairer différemment les débats sur la flexibilité, à l’heure où beaucoup d’entreprises se lancent dans le flex-office et le télétravail, persuadées que la souplesse géographique et horaire est un argument d’attraction des talents.

 

Des attentes de consommateurs ?

Les trois attentes les plus fortes à l’égard des entreprises concernent l’ambiance générale dans les équipes de travail (47%), les avantages sociaux et salariaux offerts par l’entreprise (CET, tickets restaurant, CE, mutuelle…) (42%) et la possibilité de progresser professionnellement sans changer d’entreprise (41%).

Par ailleurs, près de huit jeunes sur dix considèrent qu’un employeur doit être en mesure de proposer des services pour préserver la santé des salariés. Arrivent ensuite les services pour aider les salariés à concilier leur vie personnelle et professionnelle (60%), dont les cadres (74%) et les parents (67%) sont particulièrement demandeurs. Puis viennent le soutien psychologique (60%), le soutien juridique et fiscal (56%) et l’aide aux problèmes d’addiction (37%).

Enfin, la mise en place de l’indemnité kilométrique pour les déplacements domicile-travail effectués en vélo est jugée importante pour 62% des interrogés, notamment les Franciliens et les 18-24 ans.

Des attentes plutôt concrètes donc, là aussi un peu éloignées de la quête de sens du travail. Cela se rapprocherait davantage d’une quête de sécurité et de confort qui dépasse le seul cadre professionnel pour prendre en compte la dimension psycho-sociale.

 

47% des Millennials auraient une vision de la vie professionnelle proche de celle de leurs collaborateurs les plus âgés

Tout est dit dans ce chiffre ! La majorité des Millennials ont donc une vision de la vie professionnelle différente de celle de leurs collaborateurs plus âgés. Une information qui n‘est pas un scoop mais qui a le mérite d’être quantifiée !

C’est dommage que l’étude ne donne pas de plus amples informations. Peut-être cela peut-il être mis en corrélation avec les attentes en termes de management, d’évolution et d’organisation entre vie-professionnelle et vie privée dont nous avons déjà parlées…

Les différences générationnelles ne sont pas un mythe dans la vie en général comme en entreprise. En témoigne la petite vidéo humoristique proposée en introduction. Un peu caricaturale, certes, mais sympathique à regarder !

 

Les critères de choix d’un emploi et la vision de la vie professionnelle confirment l’évolution attendue du rôle de l’entreprise par une partie des Millennials et recentrent l’attractivité sur les leviers de motivation plus que d’engagement.

Quelques chiffres et contradictions relevés peuvent trouver des éléments de réponse dans d’autres études. Ils sont également complétés par le troisième volet de cet article concernant l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

Si vous faites partie de la génération Millennial, comment vous situez-vous par rapport à ces résultats ?

 

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Crédits photos : ITU Pictures ; Licence CC.BY.2.0

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solutions RH pour la Communauté Agro

 

 

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