Cooptation : oui, mais…

12/02/2019 11:55

Un système de recrutement en plein essor à encadrer

L’économie de réseau dans laquelle nous évoluons permet de diversifier le sourcing de candidats. Parmi les différentes approches du recrutement, la cooptation est en plein essor et semble facile comme un coup de baguette magique. Mais est-ce réellement la panacée ? Zoom sur les avantages et inconvénients de ce système de recrutement via le réseau des collaborateurs.

 

 

La cooptation : comment ça marche ?

Il s’agit d’un système de recrutement via le réseau des collaborateurs. Dans les organisations où il est mis en place, les DRH ou les dirigeants incitent les collaborateurs à leur flécher des candidats issus de leurs réseaux. En général, le collaborateur est rétribué pour chaque candidat qualifié, ayant à la fois les compétences requises et une adhésion aux valeurs et au secteur de l’entreprise. Parfois le collaborateur reçoit une prime pour la mise en relation et une autre si le candidat est embauché et valide sa période d’essai. Les montants sont très variables d’une entreprise à l’autre.

Ces dernières années, de nombreuses plateformes de cooptations se sont développées. Certains systèmes en mode SAAS fonctionnent en interne, comme Keycoopt System. D’autres, comme COOP-TIME, sont des systèmes participatifs : d’un côté les offres de différentes entreprises, de l’autre les coopteurs qui tentent de présenter les meilleurs profils de leur réseau. D’autres encore, comme Ambastory, sont des plateformes où les candidats s’inscrivent pour être contactés par des collaborateurs de différentes entreprises.

 

La cooptation rime avec marque employeur, engagement et confiance

Pour qu’un tel système fonctionne à l’interne d’une entreprise, il faut nécessairement que les collaborateurs soient empreints du projet d’entreprise au point d’en être des ambassadeurs. En d’autres termes, les collaborateurs portent la marque employeur de l’entreprise et sélectionnent par compétences et affinités les personnes susceptibles de rejoindre l’organisation. Ce faisant, ils mettent aussi en jeu leur crédibilité.

Dans ces conditions, effectivement, l’utilisation de la cooptation permet de flécher des candidatures qualifiées et de réduire considérablement les délais de recrutement parce que la pré-sélection effectuée par le collaborateur fait intervenir une notion de confiance et d’engagement entre les trois parties.

 

Entre-soi et monétisation du réseau : les limites de la cooptation

Toutefois, le système a ses limites, ou plutôt les défauts de ses qualités.

Tout d’abord faire appel au réseau des collaborateurs pour recruter implique de faire appel à des affinités personnelles et donc de biaiser inconsciemment le recrutement.

On peut ainsi se retrouver avec des « corporations », des « clans » (même école, même région, même famille, même communauté de vie…) au sein des entreprises avec des liens personnels qui dépassent les notions de marque employeur et peuvent à termes, mettre à mal une organisation.

Par ailleurs, l’entre-soi, c’est la menace d’un manque de diversité, un des plus beaux gages d’ouverture, de richesse, d’innovation et de performance, en plus d’inscrire le projet d’entreprise dans un monde métissé.

Ensuite, quand le candidat ne fait pas l’objet d’une évaluation par un expert du recrutement concernant sa personnalité, ses compétences, ses références, on peut aussi se retrouver avec des surprises dont le collaborateur n’était même pas au courant. Une responsabilité pénale engagée dans une autre entreprise, un licenciement pour faute grave, des problèmes de comportements… Connaître quelqu’un et travailler avec quelqu’un, ce n’est pas tout à fait la même chose ! De plus, certaines compétences peuvent nécessiter une validation par un professionnel.

Enfin la question de la rétribution et du niveau de rémunération fait débat. Monétisé, le réseau risque de devenir une fin en soi et non un moyen, notamment sur les plateformes participatives.

 

En conclusion, la cooptation offre des avantages en permettant d’engager les collaborateurs et de raccourcir les processus de recrutement dans certains contextes. Cependant, pour éviter la formation de clans et le manque de diversité, pour sécuriser les recrutements, les organisations doivent prendre des précautions. Parmi ces dernières : éviter le recrutement au sein de sa famille ou de son école par exemple ; et faire intervenir un expert du recrutement avant l’embauche pour avoir un regard objectif sur le ou les candidats présentés.  

Image : Photo by rawpixel on Unsplash

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

 

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