Le paradoxe alimentaire du francilien

27/11/2017 00:00

 

Réconcilier comportements et attentes

 

Le CERVIA a organisé lundi 27 novembre la conférence de lancement du Concours d’Innovation Alimentaire de la Région Ile-de-France. L’occasion d’aborder l’évolution des comportements alimentaires des franciliens ces 10 dernières années grâce à l’exposé de Pascale HEBEL, Directrice du Pôle  Consommation & Entreprises du CREDOC 

Wonderfoodjob relaie ci-dessous les grandes lignes de son intervention.  Cette dernière a mis en lumière un paradoxe entre comportements et attentes alimentaires des franciliens … un paradoxe qui révèle de nouveaux besoins à satisfaire.

 

 

Les franciliens : plus riches, plus connectés, plus pressés !

Cela semble un peu caricatural, mais c’est vérifié ! Les franciliens sont globalement plus riches, plus connectés et ce sont aussi des consommateurs plus pressés que les populations des autres régions.

  • Des revenus en IDF plus élevés qu’en province mais avec de fortes disparités

En matière de revenus tout d’abord, les franciliens ont globalement des revenus supérieurs de 24% à ceux des provinciaux. Cependant, la Région IDF compte de très fortes disparités. Les populations aux revenus les plus élevés sont majoritairement rassemblées sur l’Ouest de la Région Parisienne alors que celles aux revenus les plus modestes occupent davantage l’Est. Paris est également assez panaché.

  • Une population francilienne plus connectée et mieux équipée en smartphones

Puis, si depuis 20 ans les taux d’équipement en téléphonie, ordinateur et Internet ont littéralement explosé chez tous les Français, on constate un écart important en matière d’équipement de smartphones. Ce taux était de 65% au niveau national en 2016 et de 77% chez les franciliens.

  • Les franciliens : des consommateurs plus "pressés" que les provinciaux

Enfin, du fait de leurs modes de vie, les consommateurs franciliens sont 28% à être des consommateurs « pressés ». Cette proportion n’est que de 18% chez les provinciaux.

 

Voyons maintenant quelles sont les attentes de cette population en matière d’alimentation.

 

Les attentes des franciliens :  une alimentation saine et variée, des produits naturels, des fruits et légumes

Si l’on compare les réponses données en 2007 et 2016 à la question : Pour vous, qu’est-ce que bien manger ?, plusieurs évolutions sautent aux yeux.

La réponse «Manger des fruits et légumes » passe de 6% en 2007 à 24% en 2016. « Manger des produits frais, naturels et bio » fait un bon de 9 points (14% en 2016). « Avoir une alimentation variée » passe de  17 à 22%. « Avoir une alimentation saine »  passe de 9 à 15%.

Le fait d’avoir une alimentation équilibrée est la seule proposition qui recule entre 2007 à 2016, en passant de 39 à 35%... et c’est sans doute la tendance la plus en lien avec le principe de réalité si l’on regarde l’évolution du comportement des franciliens depuis 10 ans.

 

Vous avez dit paradoxe ?

 

Des comportements alimentaires qui ont évolué et qui sont spécifiques aux franciliens

En effet, les attentes exprimées ne se transforment pas tout à fait en comportements. Voyons plus en détail les grandes lignes des évolutions de comportements alimentaires chez les franciliens.

  • 7 fois plus de végétariens en France en 10 ans

Pour commencer, alors qu’en 2007, 0,2% de la population française se déclarait végétarienne, cette proportion a été multipliée par 7 en 2016, atteignant 1,5%.

Un régime qui reste certes minoritaire mais dont la croissance a toute son importance pour l’offre puisque 23% de Français flexitariens ont déclaré avoir limité  leur consommation de viande en 2016.

Dans les mêmes proportions en France et en Ile-de-France, la montée du végétarisme et du flexitarisme exprime de nouvelles attentes nutritionnelles.

  • Plus de livraisons à domicile de repas tout prêts en IDF

Puis, les ménages franciliens semblent un peu plus adeptes que les ménages provinciaux de la livraison à domicile de repas tout prêts. Le week-end, l’écart concernant cette pratique se réduit entre les franciliens et les provinciaux (26% contre 19%) par rapport aux autres jours de la semaine (24% contre 15%), mais reste significatif.

  • Repas à l’extérieur le week-end : plus de déjeuners mais moins de dîners

Par ailleurs, les franciliens sont moins nombreux en 2016 qu’en 2007 à déclarer prendre tous leurs déjeuners du week-end à domicile. Inversement, ils sont plus nombreux à dîner à domicile le week-end. Sans doute un effet des attentats induisant des comportements différents, mais cette tendance sera t’elle conjoncturelle ou pérenne ?

  • Forte baisse de consommation de fruits et légumes et hausse de volailles, sandwichs, pizzas, pâtes et sodas chez les franciliens

Enfin, mais où sont passés les principes des franciliens ?  A l’instar des jeunes générations qui ont multiplié leur consommation de sandwichs par 40 (en g/j) et divisé par 3 ou 4  (en g/j) leur consommation de fruits et légumes par rapport aux plus anciens, l’alimentation des franciliens semble s’être orientée vers des produits « pratiques » au goût séduisant, très éloignés de leurs propres aspirations.

Par rapport aux provinciaux, ils sur-consomment des sandwichs (14 points d’écart) - ; du riz et de la semoule ; des pizzas et des quiches ; de la volaille et du gibiers ; du poissons et des crustacées ; des plats composés (20 points d’écart) ; des sodas (30 points d’écart) ; des jus et nectars

Inversement, les populations des autres régions consomment - entre-autre - davantage d’eaux, de boissons chaudes, de produits laitiers, de compotes et de soupes (22 points d’écart) par rapport aux franciliens.

 

Pour conclure, la mise en lumière de la fracture entre attentes et consommation alimentaires des franciliens ouvre pour les entreprises agroalimentaires un champ de développement intéressant. Il y a de la place pour les offres qui permettront aux franciliens d’aligner leurs comportements alimentaires avec leurs attentes.

Certaines entreprises l’ont déjà bien compris. Qui plus est, le terreau de la Région est particulièrement fertile pour aider à l’émergence, au financement, à l’incubation et au développement des initiatives qui auront pour objet d’améliorer et faciliter la vie des franciliens dans une « Smart Région ».

 

Lire aussi :

 Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solution RH pour la Communauté Agro

Commentaires


Connexion