Pour doper votre innovation en agroalimentaire, qui et comment recruter ? Partie I

23/01/2017 18:20

L’innovation est multiforme !

 

 

« L’innovation en agroalimentaire ?

C’est un tiers des supermarchés renouvelé tous les cinq ans ! »

 

CT : Ces cinq dernières années, on sent clairement que l’innovation est partout dans l’agroalimentaire. Pouvez-vous nous dire quelle forme elle prend ?

CBA : Effectivement, selon l’ANIA, l’innovation en agroalimentaire se concrétise par 3000 nouveaux produits en France chaque année. Les IAA sont d’ailleurs 20% - contre 16% des entreprises dans les autres secteurs - à mettre un produit nouveau sur le marché chaque année. La conséquence, c’est qu’un tiers des supermarchés est renouvelé tous les 5 ans !

Les innovations en agroalimentaire concernent autant la composition des recettes (ex : sans lactose, sans gluten, sans huile de palme…) que la création de nouvelles recettes (ex : menus de céréales et légumineuses). L’innovation se concrétise aussi par des évolutions en matière de packaging pour s’adapter à de nouvelles formes de consommation (nomadisme, homadisme, portions individuelles …) et être plus recyclables. Mais également, innover en agroalimentaire, c’est aussi proposer de nouveaux circuits de distribution (commandes en ligne, circuits courts…) … L’innovation en agroalimentaire touche donc tous les secteurs et tous les métiers des entreprises.

 

 

 

CT : Qu’est-ce que cela révèle au niveau des entreprises agroalimentaires ?

SH : Cela révèle que les entreprises agroalimentaires sont très dynamiques !  Elles doivent faire face à de nombreuses transformations. Elles sont au cœur d’un système qui se réinvente chaque jour entre un consommateur qui prend le pouvoir, des évolutions sociétales très importantes et des évolutions technologiques très rapides.

Dans ce contexte en mouvement, la particularité des IAA, c’est qu’au-delà de la révolution digitale et des interactions virtuelles que nous vivons, elles produisent une « nourriture terrestre », concrète, nécessaire… qui procure de l’étonnement et du plaisir. On est avec le consommateur dans une relation très « sensuelle » qui titille tous les sens : la vue, le toucher, l’odorat, le goût, et même l’ouïe parfois …

 

« Alors que le virtuel explose, le désir de voir concrètement pousser ses légumes ou ses herbes aromatiques dans son potager n’a jamais été aussi fort ! »

 

CT : Le consommateur est-il roi ?

CBA : De plus en plus. Grâce au développement des réseaux sociaux et du digital, il peut donner son retour d’expérience et influencer les autres consommateurs… Il peut choisir d’acheter les légumes d’un fermier de sa région… Il peut aussi être une source d’inspiration et d’innovation par ses comportements d’achats et de consommation, par ses contradictions aussi parfois… Alors que le virtuel explose, le désir de voir concrètement pousser ses légumes ou ses herbes aromatiques dans son potager n’a jamais été aussi fort !  Alors qu’il y a quelques années le Bio, le Veggy, le Vegan, le Commerce Equitable, le « sans lactose » le « sans gluten » étaient de toutes petites niches, désormais, ce sont de vrais marchés qui sont aussi des repères identitaires et des marqueurs sociaux. Food is social !

 

CT : Vous évoquiez aussi les évolutions technologiques ?

SH : Tout à fait, mais il ne s’agit pas uniquement du digital. L’avènement de la donnée est certes au cœur de l’activité des IAA comme de toutes les activités. Cependant, du champ à l’assiette, il y a aussi des évolutions technologiques dans le domaine de la génétique et des biotechnologies, dans la robotique et dans le domaine des nanotechnologies.

Toutes ces transformations permettent de repenser la chaîne de valeur des IAA du producteur au distributeur. Certains acteurs maîtrisent la quasi intégralité de la chaîne comme le géant Amazon par exemple ; d’autres la court-circuitent comme les fermiers qui vendent en circuits courts ; d’autres encore explorent des niches et en font d’énormes succès en s’adaptant constamment au retour des consommateurs … On peut citer les startups Prêt à Pousser ou Popchef…

 

« Certains métiers sont en train de disparaître dans les IAA.

D’autres n’existent pas encore. »

 

CT : Et dans ce contexte, quid du travail dans les IAA ?

CBA : Comme l’ensemble des acteurs économiques, les IAA vivent des transformations profondes du travail sur fond de digitalisation et de quête de sens.

Toutes ces évolutions impactent très fortement la manière de concevoir, de produire, de vendre. Certains métiers sont en train de disparaître et d’autres n’existent pas encore. Les organisations tendent également à évoluer vers une hiérarchie de plus en plus en « râteau » et de moins en moins pyramidale. Les modes de management évoluent également avec parfois au sein d’une même entité, la coexistence de modes de managements plus « paternalistes » chez des séniors et des modes de managements plus « participatifs », plus axés sur le développement et le coaching chez les générations Y.

Et surtout, comme pour la relation entreprise/consommateur, désormais, on cultive la relation Business to Employee car … ce sont les talents qui ont les cartes en main ! Cela est encore plus flagrant chez les jeunes générations qui mettent l’accent sur le sens, l’adhésion à des valeurs identitaires, la conciliation vie professionnelle et vie privée et la recherche de challenges sur mesure !

 

« Désormais, ce sont les talents qui ont les cartes en main ! »

 

Cela représente un double défi pour les entreprises ! D’une part, elles doivent être suffisamment agiles pour pouvoir s’adapter en permanence au marché. D’autre part, elles doivent garder une identité, des valeurs, un mode de fonctionnement qui vont soutenir sa marque employeur et lui permettre d’attirer et de fidéliser des talents de plus en plus exigeants. En somme, c’est un peu comme devoir garder un cap sur une mer très agitée. C’est se transformer en permanence tout en gardant son ADN.

 

Prochainement : Pourquoi recruter un Responsable Innovation ?

Propos recueillis par Christelle Thouvenin pour WONDERFOODJOB.COM, site emploi-recrutement dédié à l'agroalimentaire

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