Guerre des prix des distributeurs

21/03/2018 00:00

 

Jean-Philippe Girard : « La Grande Distribution s’assoit sur la Charte… »

Jean-Philippe Girard, Président de l’ANIA, est revenu mardi 20 mars dans le cadre d’une conférence de presse économique , sur la dureté des négociations qui se sont déroulées en début d’année entre les producteurs et transformateurs agroalimentaires d’une part et la Grande Distribution d’autre part. Une situation qui contredit les  engagements pris par cette dernière dans le cadre de la Charte signée pendant des Etats Généraux de l’Alimentation.

 

 

 

Un diagnostic partagé par les acteurs de la filière agroalimentaire, et pourtant…

Avec, du côté de la Grande Distribution, 4 centrales d’achat qui se partagent 92,5% du marché, le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, n’est évidemment pas équilibré.

L’aboutissement, pour la première fois, d’un constat partagé par tous les acteurs de la filière en juillet 2017 sur la nécessité d’une meilleure répartition de la valeur en amont du lancement des Etats Généraux de l’Alimentation laissait cependant présager des négociations moins tendues. Une attente d’autant plus forte de la part des vendeurs que tous les acteurs de la filière avaient signé le 14 novembre 2017 une Charte d’Engagement

Pourtant, début 2018, les négociations entre vendeurs et acheteurs ont été encore plus saignantes, loin des beaux discours de novembre 2017.

 

Des négociations 2018 encore plus féroces

Selon les données du dernier Observatoire des Négociations Commerciales lancé le 5 mars 2018 :

  • 46% des entreprises consultées considèrent que leurs relations avec leurs clients se sont dégradées ou considérablement dégradées par rapport à 2016 ;
  • 81% des entreprises alimentaires ont été confrontées à des demandes de déflation de principe, en dehors de tout contexte économique ;
  • 78% des entreprises interrogées ont été confrontées à des refus de hausse de tarifs alors que le prix des matières premières a considérablement augmenté ;
  • pour 71% des entreprises, l’augmentation du coût de leur matière première n’a pas été pris en compte;
  • 69% ont subi des menaces de déréférencement et 22% des déréférencements effectifs en cours de négociation.

 

Des producteurs et industriels en manque d’oxygène pour investir, innover, embaucher, exporter …

90% des entreprises avaient besoin d’une hausse des tarifs afin de conduire leur stratégie commerciale. Or 47% des entreprises consultées ont signé en déflation et seules 37% ont obtenu une très légère hausse de tarifs (1,5% alors que leurs besoins étaient de 4,3%).

Cette situation se concrétise par un effondrement du taux de marge de l’industrie agroalimentaire par rapport au reste de l’industrie et par un retard de compétitivité de la France vis-à-vis de ses concurrents européens.

Une situation très préjudiciable pour les entreprises alimentaires et les producteurs privés de la capacité de renouveler leurs outils de production, d’embaucher, d’innover, et d’exporter.

Pour y remédier, l’ANIA travaille actuellement sur un Projet de Loi Alimentation pour l’équilibre des relations commerciales.

 

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Crédit photo : Bru-nO / 3709 photos

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solutions RH pour la Communauté Agro

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