Assises Nationales de l'Alimentation de l'ANIA - Partie II

16/05/2016 12:10

Des initiatives et des leviers de progression pour un nouveau Pacte Alimentaire

Comment mettre le consommateur au centre de la filière alimentaire ? Plusieurs dirigeants ont répondu à cette question à l’occasion des Assises Nationales de l’Alimentation organisées par l’ANIA le 10 mai dernier au Palais Brogniart et à l'occasion desquelles a été dévoilé le nouveau Pacte Alimentaire.

 

Nestlé France : écouter le consommateur et se mettre à sa place

Jérôme François, DG Communications Consommateurs de Nestlé France, indique qu’une des clefs est d’être en dialogue constant avec les consommateurs, ce que permettent très facilement les réseaux sociaux. Ainsi, Nestlé France dialogue avec 90 000 consommateurs chaque année. Les remarques et attentes de ces derniers sont exposées comme une priorité dans les réunions importantes du groupe. L’entreprise dispose également d’ateliers culinaires pour comprendre comment sont utilisés les produits de la marque dans les foyers. Mais le manque d’explication et de pédagogie de la part des IAA durant les années passées est encore lourd sur les consommateurs qui se font tout un tas de fantasmes concernant les coulisses des produits. Parfois, également, il est très compliqué d’indiquer l’origine des produits, c’est le cas par exemple pour un « blend » de café constitué de différentes origines qui peuvent changer au fil du temps pour maintenir une qualité du produit.

 

Invivo Group : l’écoute du client créatrice d’opportunités de marché

Thierry Blandinières, Directeur Général d’Invivo Group, indique que l’écoute du client permet de s’adapter sans cesse à ses souhaits et d’ouvrir de nouvelles opportunités de marché. C’est ainsi, qu’une enquête auprès des clients des jardineries Gamm Vert a emmené le groupe à mettre en exergue un lien entre le jardinage et l’alimentaire (le potager, ce que la terre peut produire, le manger local) et à proposer dans un premier temps des rayons alimentaires de produits secs de terroir dans les Gamm Vert. Mécaniquement, cela s’est concrétisé par une augmentation du CA des jardineries, 15% provenant à ce jour du rayon alimentaire, sachant que le CA de ce dernier est en augmentation de 5% par an. Mais ce n’est pas tout ! Le groupe vient de créer une nouvelle enseigne, « Frais d’Ici » qui propose des produits frais locaux dans trois magasins à Toulouse, Hoche et Dijon. Cette nouvelle enseigne devrait compter une dizaine de magasins d’ici la fin de l’année et traduit l’engagement du groupe dans l’économie régionale. C’est grâce aux nombreux partenariats dont dispose le groupe dans le domaine agricole qu’elle a pu voir le jour.

 

Baccardi Martini : répondre aux goûts et souhaits des consommateurs et lui ouvrir les portes des entreprises

Sylvie Hénon-Badoinot, PDG de Baccardi Martini Europe et Présidente de la Fédération Française des Spiritueux, indique que la relation avec le consommateur se cultive de plusieurs façons. Son écoute permet de s’adapter à ses goûts quand il exprime le souhait de retrouver des goûts plus amers, par exemple, ou celui, même si c’est encore une niche, d’avoir une bouteille à son nom ou une recette spécifique. La visite des entreprises est aussi un moyen important de faire découvrir les produits et de changer l’image de la filière au niveau du public en ouvrant le dialogue. Enfin, le rapprochement des IAA et des institutions de santé permettrait une meilleure coordination pour diffuser de l’information objective aux consommateurs qui sont par ailleurs parfois mal informés par les médias.

 

Fleury Michon : s’impliquer dans la sélection des matières premières et le choix des modes de transformations et revaloriser les produits

Régis Lebrun, DG du groupe Fleury Michon, insiste sur le fait que l’équation « bon+sain+pas cher» est très difficile à résoudre et probablement un élément sur lequel les IAA ne communiquent pas assez. L’entreprise qui travaille avec le grand chef Joël Robuchon pour la sélection des matières première et l’élaboration des recettes s’implique très en amont dans les filières de production pour porter auprès des producteurs les demandes des consommateurs. Par ailleurs, Fleury Michon a conservé beaucoup d’opérations manuelles réalisées par des charcutiers et des cuisiniers, évitant au maximum l’ajout d’additifs ou de colorants. Enfin, concernant le prix, l’entreprise qui travaille sur la valeur souhaite casser l’idée que « demain on mangera pour moins cher », car la qualité a forcément un coût.

 

Brioches Pasquier : cultiver le lien local avec les fournisseurs et les consommateurs et mettre le consommateur au cœur du développement de l’entreprise

Pascal Pasquier, PDG du groupe Brioches Pasquier, explique les efforts de son entreprise familiale en matière de goût et de relation consommateurs.

En ce qui concerne le goût, le fils de boulanger explique avoir toujours gardé un contact avec les agriculteurs pour être au plus proche des matières premières. Les dix sites de productions sont approvisionnés de préférence avec des produits locaux, ce qui permet par ailleurs une bonne traçabilité. De plus, les moyens de contrôle de la qualité de l’air ont permis d’utiliser moins de conservateurs. Pascal Pasquier précise au passage que le temps de fabrication d’une brioche est quasiment identique dans son usine à celui de son père boulanger. Enfin, le secret du levain est bien gardé, ce qui donne lieu à tout un cérémonial quand une usine ouvre, car il faut le transporter sur un nouveau lieu de production.

En ce qui concerne la relation avec le consommateur, Pascal Pasquier indique que ce dernier est au cœur de la stratégie de l’entreprise qui ouvre régulièrement ses usines au public qui peut ainsi se faire une idée réelle de la qualité des matières premières et des procédés de fabrication utilisés. Par ailleurs, pour faciliter le partage d’informations, le service consommateur est intégré au service qualité ; et commerciaux et industriels partagent les mêmes bureaux.

 

Etiquetage : clarifier sans stigmatiser

Catherine Petitjean, PDG de la Maison Mulot et Petitjean et Présidente de l’Alliance 7, évoque l’équation à résoudre concernant l’étiquetage : entre les obligations règlementaires, les termes compréhensibles pour le consommateur, les labels éventuels, la nécessité de réduire l’emballage et donc la surface d’impression et les projets d’adoption de codes couleurs pour classifier les aliments dont la surconsommation représenterait un risque pour le santé … les choses ne sont pas simples, surtout pour les PME qui peuvent se retrouver prises dans ces exigences parfois contradictoires.

 

Vers un nouveau Pacte Alimentaire

Les quelques exemples évoqués lors de ces Assises Nationales de l’Alimentation sont le reflet des efforts faits par les acteurs de la filière pour accompagner les attentes des consommateurs et contribuer à une revalorisation de la filière et des produits.
C’est dans cette veine que Jean-Philippe Girard, Président de l’ANIA a présenté le Pacte Alimentaire, dans lequel les acteurs de toute la filière prennent cinq engagements forts : améliorer toujours plus la qualité et la sécurité de notre alimentation ; garantir plus de transparence et de pédagogie autour des produits ; concevoir des produits et des procédés toujours plus respectueux de l’environnement ; développer les compétences et les emplois dans la filière alimentaire et renforcer le leadership de l’industrie alimentaire française.
Les IAA demandent également à l’Etat d’être un facilitateur à ses côtés en prenant un ensemble de mesures pour contribuer à la réussite de ce Pacte. Parmi ces mesures : la lutte implacable contre les fraudes, le maintien d’un environnement fiscal et règlementaire stable, l’arrêt de la guerre des prix ou encore le renforcement de l’accompagnement à l’export.

Lire la première partie de l'article :

Le consommateur au coeur du Pacte Alimentaire

 

Christelle Thouvenin pour WONDERFOODJOB.COM, site emploi-recrutement dans l'agroalimentaire    

 

 

 

 

 

 

 

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