« Les métiers techniques relèvent d’une vocation. »

28/03/2017 19:02

            

Christophe Obein, Chef de Projets Travaux Neufs et Responsable Maintenance

 

 

« Les métiers de la maintenance peuvent vous offrir des postes très valorisants avec de belles perspectives professionnelles et la possibilité d’apprendre et de vous développer toute votre vie. »

 

Plus de 30 ans de carrière dans la maintenance industrielle agroalimentaire et une ascension remarquable pour Christophe Obein, Chef de Projets Travaux Neufs et Responsable Maintenance… Il raconte à WONDERFOODJOB les défis et les satisfactions de son métier.

 

 

 

 

« J’ai toujours été passionné par la technique, la mécanique… »

 

CT : Qu’est-ce qui vous a emmené à choisir votre métier ?

CO : J’ai toujours été passionné par la technique, la mécanique … Quand il a fallu penser à une formation, je me suis d’abord dirigé vers un CAP de Mécanicien d’Entretien parce que c’était le projet le plus envisageable pour mes parents.

Et puis très rapidement, j’ai eu la volonté d’évoluer et d’explorer d’autres domaines, d’autres opportunités. J’avais très envie d’apprendre et je me suis inscrit à une formation de Brevet de Maîtrise en cours du soir. Pendant trois ans, j’ai suivi des cours de culture générale, de psychologie, de gestion d’entreprise, de finances et cela m’a ouvert des horizons en me donnant d’autres clefs de compréhension du fonctionnement des entreprises et des hommes.  J’ai pu ainsi évoluer vers des postes de management où j’ai pris de nouvelles responsabilités et où j’ai pu transmettre ce que j’avais appris.

Je ne me suis pas arrêté là, j’ai validé par le biais de la VAE (Validation des Acquis par l'Expérience), un BTS d’Assistance Technique d’Ingénieur que j’ai obtenu en consacrant tous mes week-ends à ce projet pendant un an.

 

« J’ai managé des personnes plus expérimentées que moi. »

 

CT : Vous avez donc assez tôt pris des postes de management. Avez-vous dû manager des personnes plus expérimentées que vous ?

CO : Oui, cela n’a pas été un exercice facile mais cela s’est fait naturellement. Il m’a fallu d’abord comprendre mon environnement et le fonctionnement des membres de mon équipe pour pouvoir prouver ensuite que j’étais en capacité d’apporter quelque chose.

Pour faire adhérer mes collaborateurs, je me suis appuyé sur leurs propres savoir-faire en essayant de les valoriser et j’ai passé du temps à expliquer, démontrer l’intérêt que pouvait avoir par exemple, l’application d’une méthodologie ou d’une procédure de standardisation.

 

CT : Pourquoi avoir choisi le secteur agroalimentaire ?

CO : Au départ, c’est plutôt un concours de circonstance qui a fait que j’ai travaillé dans l’agroalimentaire, et puis je m’y suis épanoui en prenant des responsabilités et en manageant des équipes. L’agroalimentaire est un secteur avec beaucoup de normes, de contraintes et de défis, ce qui renouvelle sans cesse l’intérêt du métier.

 

CT : Quel est votre quotidien ?

CO : En tant que Responsable Maintenance, mon métier consiste à maintenir tout le matériel en bon état de marche ; à répondre aux problèmes techniques posés et à anticiper.

 

« Il y a aussi une partie « conseil » très intéressante dans mon métier qui consiste à faire de la prospective, à faire évoluer les installations en fonction des contraintes de production ou du produit. »

 

CT : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

CO : Tout d’abord, je suis curieux et j’aime la technique ; j’aime comprendre, creuser, explorer.

Et puis, j’aime beaucoup le travail d’équipe avec les opérateurs, les techniciens, les automaticiens. Ensemble, on résout des problèmes, on apporte des solutions, on gère les pièces détachées, on suit des indicateurs… ce qui nous amène à progresser ensemble et à performer.

Enfin, il y a aussi une partie « conseil » très intéressante dans mon métier qui consiste à faire de la prospective, à faire évoluer les installations en fonction de nouvelles contraintes de production ou du produit. On n’est pas là que pour réparer et se faire engueuler lorsque ça ne marche pas!

 

CT : Quel est le succès dont vous êtes le plus fier ?

CO : En tant que Chef de Projet chez Fralib Unilever en 1998-2000, j’ai travaillé sur la montée en puissance d’une unité de production. Ce fut un très gros projet qui comprenait la mise en place de 13 nouvelles machines, la coordination de tous les travaux de mise en place ainsi que la standardisation des machines et des pratiques. J’ai énormément appris sur ce projet, y compris en termes de management, et cela m’a permis d’accéder ensuite à des postes avec davantage de responsabilités. Ce fut un tournant important dans ma carrière.

 

« Je pense que la robotique est plutôt une bonne chose. »

 

CT : Transformation énergétique et digitale, robotique, IA : quelles sont les mutations engendrées par ces nouvelles technologies/contraintes dans votre métier ?

CO : Je pense que la robotique est plutôt une bonne chose dans le sens où elle permet de réduire la pénibilité en prenant en charge des tâches répétitives et fatigantes qui sont à l’origine de beaucoup de Troubles Musculo-Squelettiques chez l’homme. S’en suit aussi automatiquement un gain de productivité car les cadences des machines sont plus importantes.

Mais le développement de ces technologies implique aussi de faire évoluer le personnel vers d’autres postes avec des formations. Idem pour les métiers techniques : il faut toujours se mettre à jour sur les nouvelles technologies afin de pouvoir anticiper les évolutions, apporter du conseil et intervenir sur les équipements.

 

« Les métiers techniques comme le mien relèvent en fait d’une vocation. »

 

CT : Quels atouts faut-il avoir pour travailler dans la maintenance industrielle ?

CO : Les métiers techniques comme le mien relèvent en fait d’une vocation. Il faut être vraiment passionné par la technique et se tenir au courant de toutes les évolutions. On ne devient pas technicien comme cela, du jour au lendemain. C’est vraiment un métier pour lequel il faut avoir une tournure d’esprit particulière.

 

CT : Quels sont les atouts des femmes pour ce métier ?

CO : J’ai eu plusieurs fois l’occasion de former des femmes et je peux vous dire qu’elles ont beaucoup d’atouts. Par exemple, elles sont très précises dans ce qu’elles font et très rigoureuses. Pour la mécanique de précision, c’est un atout indéniable. 

 

« Les métiers de la maintenance peuvent vous offrir des postes très valorisants avec de belles perspectives professionnelles et la possibilité d’apprendre et de vous développer toute votre vie. »

 

CT : Si vous aviez un message à faire passer aux jeunes concernant les métiers de la maintenance ?

CO : Si vous avez un intérêt pour la technique, les métiers de la maintenance peuvent vous offrir des postes très valorisants avec de belles perspectives professionnelles et la possibilité d’apprendre et de vous développer toute votre vie.

 

CT : Quelle est votre Madeleine de Proust ?

CO : C’est une soupe que cuisinait ma mère. Et c’est étonnant, mais quand j’ai travaillé chez Liebig, ils produisaient une soupe qui ressemblait beaucoup à celle que faisait ma maman.

 

Propos recueillis par Christelle Thouvenin pour WONDERFOODJOB.COM, solutions RH pour la communauté agroalimentaire

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