Métiers agroalimentaires et digital : quelles transformations ?

Métiers agroalimentaires et digital : quelles transformations ?

Ce qui va changer dans les offres d'emplois

Les Observatoires du secteur alimentaire viennent de sortir une étude concernant L’impact du numérique sur les métiers alimentaires. C’est une bonne synthèse des évolutions sociétales, économiques, environnementales et digitales qui nourrissent la transformation des entreprises agroalimentaires.  Ce faisant, l’étude permet de comprendre et d'anticiper les évolutions de compétences et de métiers attendues pour être au rendez-vous de la performance et de l’innovation.

 

 

 

Les métiers de la production, de la maintenance et de la logistique

La robotique, la cobotique, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée ont transformé les métiers de la production, de la maintenance et de la logistique. C’est, d’après l’étude, la première étape de transformation numérique des entreprises agroalimentaires. Objectifs ? Plus de performance, moins de pertes, moins de pénibilité, plus de fluidité et de flexibilité, davantage d’anticipation, une maintenance prédictive...

Pour ce faire, les professionnels impactés ont dû se former à de nouveaux logiciels et outils et apprendre de nouvelles méthodes de travail. Ces fonctions exigent une mise à niveau constante pour rester en lien avec les évolutions technologiques.

 

Les métiers de la communication et le community management

Sur un territoire de jeu phygital de plus en plus étendu, ouvert et transparent, le Brand content ou la production de contenu permet à la marque d’exprimer son identité, de raconter son histoire, de construire son univers, d’affirmer ses engagements RSE. Objectifs ?  Influencer et attirer de nouveaux fans et clients grâce à des stratégies omnicanales connectant web, réseaux sociaux et lieux de distribution.

La communication n’est plus descendante et figée. Elle se modèle grâce aux retours et réactions des clients, concurrents et autres parties-prenantes. Elle se nourrit et se monitore au quotidien sur les réseaux et la toile grâce aux interactions et à la donnée. Pour ce faire, aux compétences de stratégie de marque, s’ajoutent celles de cartographie sémantique, veille, écriture web, SEO, gestion de crise, stratégie omnicanale…

 

Les métiers de chef de produit, chargé d’étude marketing et technico-commercial

Ces métiers sont très fortement impactés par la data - la donnée - issue des clients, concurrents et de tout l’écosystème de l’organisation.  Au centre des stratégies marketing, la data est récupérée en analysant les visites, interactions sur les réseaux sociaux, parcours et profils clients, historiques d’achat, études en ligne …  Elle permet de mieux connaître les goûts et attentes des consommateurs et de s’adapter en continue par rapport à la concurrence.

Le mix produit est mort. Désormais, les compétences attendues incluent la capacité d’extraire des opportunités ou alertes d’une masse de données. Ces métiers requièrent aussi des soft skills telles que la curiosité, l’aptitude à travailler de manière transversale avec d’autres services, la capacité d’innovation…

 

Les métiers de vendeur, chargé de relation client, commercial

Les métiers directement en lien avec le client sont, eux aussi, en pleine mutation. Le CRM (Customer Relationship Management – Gestion de la Relation Client) tend aujourd’hui à évoluer vers une compétence plus large, le CEM (Customer Experience Management).

La Gestion de l’Expérience Client englobe la gestion de l’ensemble du parcours client. Cette nouvelle compétence intègre ainsi toutes les interactions entre l’entreprise et le client avant, pendant et après l’acte d’achat. Ces professionnels doivent aussi s’approprier les logiques de personnalisation, d’animation des communautés et de conseil dans leur activité. Enfin, ils doivent aussi intégrer des notions règlementaires avec la mise en place du RGPD.

 

Le métier de responsable qualité

La complexification du cadre réglementaire et les exigences de sécurité et de traçabilité du consommateur renforcent et étendent la compétence qualité.

Du multi-sourcing à la livraison, le Responsable Qualité tend donc à avoir un rôle de plus en plus transversal, là-aussi, aiguillé par la donnée. Cela nécessite de bien comprendre les différents métiers et process de l’entreprise, mais aussi de fonctionner davantage en mode projet en faisant percevoir le rôle de « contrôleur » comme un facteur d’amélioration continue.

 

Nouveaux métiers : Data Protection Officer, Data Scientist, Responsable E-Commerce, Responsable Innovation...

Par ailleurs, les entreprises agroalimentaires doivent se doter de compétences nouvelles pour des métiers qui se créent.

Par exemple, le Data Protection Officer est le garant de la protection des données et de la sécurité informatique. Il intervient dans un environnement règlementaire plus contraignant (RGPD) où les entreprises subissent de fréquentes attaques informatiques. 

Le Data Scientist agrège l’ensemble des données de l’entreprise (matières premières, production, livraison, données clients…) et des données extérieures (concurrence, actualité, météo…) pour rendre le pilotage de l’activité plus efficace grâce à la prévision.

Le Responsable E-commerce a pour objectif d’augmenter les ventes en ligne. Pour cela, il analyse les données de ses clients, de la concurrence ainsi que l’actualité et des études. Sur cette base, il met en place des leviers marketing (newsletter, code-promo, jeu concours, emailing, contenu, adds …) pour attirer et convertir un maximum de prospects en clients et leur faire augmenter leur panier ou leurs fréquences d’achat. L’expérience doit être personnalisée et réussie.

Enfin, le Responsable Innovation nourrit, anime, coordonne la démarche d’innovation des entreprises dans un mode transversal et collaboratif.

 

Quid du recrutement des professionnels de l’agroalimentaire ?

Tous ces métiers nécessitent d’adapter les parcours de formation initiale et continue, afin d’éviter la pénurie des talents.

Mais, au-delà des compétences techniques, les compétences personnelles (soft skills) sont aussi très importantes pour que les entreprises agroalimentaires réussissent leurs challenges dans un monde en perpétuelle mutation.

Parmi ces dernières on peut citer :

  • la curiosité
  • la capacité à apprendre et réapprendre
  • l’adaptabilité
  • l'esprit d'entreprise
  • la capacité à travailler en équipe et à collaborer
  • l’intelligence managériale dans un monde VUCA
  • la capacité à penser autrement, à transposer, à innover
  • la capacité à détecter des opportunités, les menaces
  • les compétences en communication, l’écoute et l’empathie

Par ailleurs, alors que les entreprises agroalimentaires recherchent souvent des clones, il est pertinent, au contraire, d’emmener la diversité professionnelle avec des parcours non linéaires ou atypiques habitués à se transformer et à se saisir de challenges. Le transfert de compétences depuis d’autres secteurs plus avancés en termes de digitalisation est aussi un vrai atout.

 

Pour toutes ces raisons, l’expertise d’un cabinet de recrutement spécialisé est tout à fait pertinente pour accompagner le développement et la transformation des entreprises agroalimentaires.

 

Photo : rawpixel / 3254 photos  sur Pixabay

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

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