DOSSIER - Transition professionnelle : la partie cachée de l'iceberg

DOSSIER - Transition professionnelle : la partie cachée de l'iceberg

4 - Le courage de la transition professionnelle

Si les repères biographiques de Bernard Lievegoed et le processus d’individuation de Cynthia Fleury constituent des éclairages en matière de connaissance de soi pour réussir sa transition professionnelle, il n’en reste pas moins que la transition est souvent associée à la notion de courage.

Et si finalement, la transition professionnelle, c’était comme un premier saut en parachute : on sait que l’on est bien équipé, mais on a un peu peur quand même !

Pour commencer, intéressons-nous aux définitions qui sont données du courage.

Dans le Larousse en ligne, on peut lire la définition suivante : « 1 : Fermeté, force de caractère qui permet d'affronter le danger, la souffrance, les revers, les circonstances difficiles : Avoir du courage. 2 : Ardeur mise à entreprendre une tâche : Travailler avec courage. 3 : Force, énergie et envie de faire une action quelconque : Ne pas avoir le courage de se lever. »

Sur Wikipédia, « le courage (dérivé de cœur) est une vertu qui permet d'entreprendre des choses difficiles en surmontant la peur, et en affrontant le danger, la souffrance, la fatigue. Depuis l'antiquité et dans la plupart des civilisations, le courage est considéré comme l'une des principales vertus, indispensable au héros. Son contraire est la lâcheté. […] Depuis Platon le courage, ou force d'âme, est considéré comme l'une des quatre vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance et la justice. »

Enfin, selon Cynthia Fleury « Cette vertu, qui réarticule l'éthique et le politique, est tout à la fois un outil de protection du sujet et de régulation des sociétés. Dans l'intimité profonde que le sujet courageux entretient avec sa conscience, il y a la qualité d'un engagement public, pour les autres. On peut être seul, voire contre les autres, quand on fait un acte courageux, mais ce geste préserve toujours une qualité de lien avec la communauté. Dans la vie de tous les jours, être courageux, c'est parfois endurer, parfois rompre ; c'est quitter un travail quand on est empêtré dans une situation perverse. »

L’ensemble de ces définitions sous-entend une difficulté inhérente à la transition professionnelle, mais également plusieurs facettes du courage.

Pourquoi ?

Parce que la transition professionnelle est un processus jalonné d’étapes, de doutes, de sentiments, de comportements...

Parce que le passage d’une situation connue à une situation inconnue implique une prise de risque.

Parce que la transition professionnelle nous expose aux autres et aux avis divers et variés : « Tu es dingue, tu vas quitter un super job ! » ; « Et si ça ne fonctionnait pas ? » ; « Tu ne penses qu’à toi, pense à ta famille ! » … « Qu’est-ce qui ne va pas dans ton Entreprise ? » ; « Tu as des problèmes au boulot ? » ; « Vas-y, fonce ! » ; « Tu as raison ! »…

Parce qu’enfin s’engager dans une transition professionnelle, c’est avoir le courage de s’extraire des valeurs, des attentes et des projections du collectif et de l’entourage pour privilégier ses propres attentes, ses propres valeurs. C’est ainsi que l’on peut faire le lien entre le courage et le processus d’individuation.

Le courage de la transition professionnelle, c’est le courage de s’affronter soi-même, mais aussi le courage d’affronter les autres.

La semaine prochaine, nous rentrerons dans le détail de la courbe du changement choisi.