Plante ton slip ! ... Pour observer la vie cachée des sols

Plante ton slip ! ... Pour observer la vie cachée des sols

 

 

Ces temps de Covid19 nous ont beaucoup questionnés sur la souveraineté alimentaire ; l’impact de l’homme sur le climat, l’environnement et la biodiversité ; sur l’agroalimentaire ; sur la Vie ; sur l’essentiel en fait… L’occasion de nous rappeler que tout est lié. Par exemple les slips et les bonnes tomates charnues pleine terre que beaucoup d’entre nous se réjouissent de déguster en été.  

Mais quel est le rapport entre un slip et une tomate savoureuse ? L’ADEME, Agence de la Transition Écologique nous explique tout cela à travers l’opération Plante ton slip ! relancée fin 2019 !

 

 

La preuve par le slip !

Vous avez un jardin, une ferme, une exploitation agricole ? Prenez un slip (ou une culotte, on n’est pas sexiste) en coton, de préférence biologique, et enfouissez-le à une quinzaine de centimètres dans le sol. 2 mois plus tard, déterrez-le, rincez-le et étendez-le. 

S’il est en lambeaux, c’est plutôt bon signe ! Cela signifie que votre sol est vivant et que de nombreux organismes présents dans la terre ont mangé votre slip, ne laissant parfois comme preuve de son existence, que l’élastique et l’étiquette. 

Si le slip ressort peu abîmé par l’opération, c’est à l’inverse inquiétant. Cela signifie que le sol est peu actif ou mort, sans doute suite à la négligence ou maltraitance humaine (pollution, pesticides, surexploitation…). Dans ce cas, il ne peut rendre ses services écosystémiques comme fournir des nutriments essentiels aux plantes, ou filtrer l’eau, par exemple.

 

 

Tout est lié...

En plantant un slip, vous n’aurez donc pas un arbre à slips, mais plutôt un indicateur de santé de votre sol, que vous soyez un particulier ou un exploitant agricole. Vous pourrez ensuite partager votre photo sur une carte interactive, très pratique pour connaître l’état de santé des sols dans le monde. 

Et parce que tout est lié, l’opération contribue non seulement à faire prendre conscience de la dégradation de l’état des sols, mais aussi à reposer la question de la responsabilité de chacun dans l’alimentation, avec une pression supplémentaire liée à la souveraineté alimentaire. Aux consommateurs de préférer des produits issus d’exploitation préservant la biodiversité et la santé des sols … Aux producteurs de privilégier les pratiques qui préservent les sols et l’environnement… Aux distributeurs de reconnaître le travail des producteurs et de les valoriser auprès des consommateurs en ne récupérant pas toute la valeur…

 

 

Vers un nouvel équilibre ?

Prendre ses responsabilités a-t-il un coût ? Dans un système économique obsolète et complètement absurde basé sur la rentabilité à court terme, évidemment ! Les fraises Bio vont être plus chères ; les poulets Bio élevés en plein air aussi… 

Mais quel est le sens d’un tel système qui vend du « pas cher pas bon » pour l’homme et l’environnement d’un côté et qui coûte cher pour réparer les dégâts causés par l’élevage concentrationnaire, l’agriculture intensive et la pollution des eaux ? Car vendre pas cher des fruits sous perfusion d’engrais et de pesticides revient à investir de lourdes sommes d’argent pour filtrer des eaux polluées qui ont tué tous les organismes du sol jadis capable de faire de la terre un système nourricier, capable de filtrer naturellement les eaux. Obliger un éleveur à vendre des poulets qui n’ont jamais vu le jour une misère pour rendre ensuite cet éleveur dépendant d’aides extérieures financées par des impôts a-t-il un sens ? 

En France, 60% des sols seraient des sols morts. Et pourtant le principe de la souveraineté alimentaire, c’est la bien la durabilité ! Et pour cela, il faut un système qui valorise les bonnes pratiques et les services écosystémiques rendus gratuitement par la nature comme : apporter des nutriments aux cultures, filtrer les eaux, réguler les températures, apporter du bien-être … Cela passe entre-autre par le maintien de la biodiversité… Tiens tiens…la même biodiversité qui, parce qu’elle a été attaquée, serait au cœur de la problématique du Covid19.

 

Avec un slip, on peut finalement aller très loin ! Longue vie à cette initiative de l’ADEME !

 

Image : copie d’écran

 

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

 

 

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