La Bio : des leviers politiques, territoriaux et financiers

La Bio : des leviers politiques, territoriaux et financiers

Retour sur les Assises de la Bio

Les 9es Assises de la Bio ont évoqué le 14 novembre 2016 différents leviers permettant d'accompagner son développement et que WONDERFOODJOB.COM a résumé pour vous dans l'article ci-dessous.

 

Des leviers politiques et territoriaux pour le développement de la Bio

La question de l’approvisionnement des villes et du rapport à l’alimentation mise en exergue dans le livre de Carolyn Steel - Hungry City - est en train de devenir un vrai sujet de préoccupation pour les collectivités territoriales. Le modèle des villes dévoreuses d’espace et de nourriture venue d’on ne sait où et sans lien avec les consommateurs est remis en question.

Les politiques d’approvisionnement privilégient de plus en plus le local, les produits Bio et une meilleure gestion des terres entourant les cités. En se rapprochant peu à peu des valeurs de la Bio, les collectivités territoriales en viennent à mettre en place ou promouvoir de véritables dispositifs au soutien de ce secteur.

  •   La restauration collective Bio : débouchés, exemplarité et pédagogie

Parmi les initiatives mises en œuvre, l’on peut citer  les politiques de restauration collectives intégrant des produits locaux et Bio en pourcentages variables selon les régions et les communes.

Dans le Gers, par exemple, un tiers des collèges ont désormais des cantines 100% Bio, a indiqué Philippe Martin, Président du conseil départemental du Gers.

Ces politiques de restauration collective fournissent des débouchés aux produits Bio en aval et viennent appuyer concrètement les campagnes de communication sur la Bio et la lutte contre le gaspillage alimentaire auprès des citoyens et des cantines scolaires. 

 

  • L’accompagnement à la conversion en Bio pour préserver la qualité de l’eau

Plus en amont, l’Agence de l’Eau dispose de systèmes d’accompagnement à la conversion des producteurs conventionnels vers l’agriculture Bio. Objectif ? Lutter contre les pollutions de l’eau diffuses des produits phyto sanitaires, a indiqué Martin Gutton, Directeur Régional de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

  • La mise en place de guichets uniques pour faciliter l’installation ou la conversion en Bio

Certaines régions comme les Hauts-de-France se sont dotées d’un guichet unique d’accompagnement des agriculteurs à la conversion en agriculture biologique a indiqué Marie-Françoise Lesne, Vice-Présidente chargée de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire au Conseil Régional. Elle souligne aussi l'importance de se doter d’outils de propective permettant de structurer les filières et d'éviter une surproduction et un effondrement des prix.

 

  • La structuration des filières Bio autour d’une philosophie

Au niveau des territoires, la structuration des filières s’organise aussi grâce aux différents acteurs de la Bio, a indiqué Claude Gruffat, Président de Biocoop SA. Le développement du maillage territorial passe par la mise en place d’une gouvernance entre les différents acteurs de la Bio autour d’un projet commun de long terme exigeant équité, transparence, planification et coopération. La question de la valorisation des produits, de leur qualité et de leurs coûts cachés est également centrale pour assurer un revenu équitable aux producteurs. Claude Gruffat a aussi évoqué l’idée d’une TVA plus favorable aux produits issus de la Bio qu’aux produits conventionnels.

Des leviers financiers pour accompagner le développement de la Bio

Parallèlement, les banques et institutions financières proposent des outils adaptés aux acteurs de la Bio qui comprennent les dispositifs suivants :

  • des outils de positionnement et d’analyse de marché ;
  • des dispositifs financiers permettant d’accompagner la baisse de rendements et de pallier les coûts et manques à gagner afférents à la période d’installation ou de conversion ;
  • la constitution de fonds de roulement pour l’achat des Matières Premières ;
  • la mise en place d’avances court-terme pour l’achat de matériel agricole en attendant les subventions des collectivités territoriales ;
  • la mise en place de systèmes d’assurance-récolte contre les aléas climatiques ;
  • des aides à la vente avec des outils de vente en ligne dédiés aux circuits courts.

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 Christelle Thouvenin pour WONDERFOODJOB.COM, site emploi-recrutement dans l'agroalimentaire

 Photos : CC0 Public Domain