Innovation formation : vers un écosystème apprenant

Innovation formation : vers un écosystème apprenant

Retour sur le colloque « Capital Humain et Formation Professionnelle : investissements pour la compétitivité », CESE, 18/11/2016

 

Sous l’effet des transformations sociétales et de la digitalisation, certains métiers actuels n’existeront plus en 2020 et d’autres sont à anticiper.

La vitesse des mutations en marche implique la mise en place d’écosystèmes apprenants qui confèrent à la formation une place stratégique bien au-delà de la simple acquisition de compétences au niveau du salarié.  L’investissement dans le Capital Humain devient donc le fruit d’une dynamique globale impliquant la gouvernance et la stratégie, la formation et le management. (voir schéma)

« On n’apprend plus pour soi, mais pour être contributeur dans un collectif », indique Mathilde Bourdat, Responsable de l’ingénierie pédagogique chez Cegos.

Dans ce contexte on assiste à la mise en place d’une nouvelle culture de l’apprenance replaçant la formation et le Capital Humain au cœur des organisations. L’innovation en matière de formation ne consiste pas seulement en un changement de format ou en l’utilisation du numérique. Elle consiste de manière beaucoup plus profonde en un bouleversement des relations autour du savoir et de sa diffusion.  Par exemple, de plus en plus d’entreprises mettent en place des espaces d’échange où tout le monde peut être contributeur plutôt que des formations classiques et plus « scolaires » organisées autour du sachant.

Dans le domaine alimentaire, les initiatives opposées de Danone qui s'inspire de l'extérieur et de Michel CLUIZEL qui mise sur la transmission en interne, illustrent cette nouvelle dimension de la formation.

 

Danone : casser les cadres pour réapprendre

Thierry Bonetto, Directeur de la Formation du Groupe Danone a mis en place des « learning expeditions » dans l’optique de co-construire les compétences de ses collaborateurs en leur apprenant à réapprendre.

« Je crois en trois principes empiriques, indique-t-il, : 1 L’apprentissage implique de traverser les frontières ; 2 Les chemins les plus apprenants sont les moins parcourus ; 3 L’émotion fait tomber les barrières mentales. »

A titre d’exemple, Danone a envoyé ses cadres au sein de start-up pour réapprendre l’agilité et accélérer la mise en place de projets.

Des salariés ont également passé du temps au sein d’une ONG spécialisée dans la chirurgie des yeux et confrontée au maintien d’une dimension économique pour que son projet social puisse survivre.

Enfin des cadres ont été emmenés à passer une journée avec un ancien criminel aux Etats-Unis et ont appris que beaucoup de prisonniers construisaient en fait toute leur vie autour de la prison. Cet éclairage leur a permis de comprendre les mécanismes de certains ouvriers d’usines qui avaient construit toute leur vie autour de l’entreprise et d’envisager leur formation et leur évolution différemment.

 

Michel CLUIZEL : la transmission des compétences

Marlène Charron, DRH de la chocolaterie Michel CLUIZEL, entreprise familiale normande, indique que la formation s’opère principalement par la transmission des valeurs et savoir-faire de l’entreprise d’un expert-chocolatier doté de 39 ans d’ancienneté vers les nouveaux arrivants, titulaires du CAP de chocolatier.

L’entreprise dispose de 34 ateliers de chocolaterie pour élaborer les différentes recettes qui composeront les 900 produits proposés. Chaque atelier nécessite des savoir-faire très techniques et une connaissance du produit et de ses variations en fonction de la température.

Pour maintenir la compétitivité de l’entreprise, c’est sur la transmission d’un patrimoine spécifique en interne pour faire fructifier le Capital Humain que Michel CLUIZEL a opté.

 

Et vous, quelle place accordez-vous à la formation dans votre organisation ?

 

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Illustration : extrait du Livre Vert : La Formation change de dimension - FFP