Une spécialisation en production agro qui allie expertise et approche transversale !

Une spécialisation en production agro qui allie expertise et approche transversale !

 

Vincent Hovelaque, Directeur délégué à la Recherche IGR-IAE de Rennes - Directeur-Adjoint de l’UMR CNRS CREM

Une spécialisation en production agro qui allie expertise et approche transversale !

 

 

Vincent Hovelaque nous parle de la toute nouvelle formation qui a démarré en septembre 2017 à l’IGR-IAE de Rennes, le Master 2 Gestion Production Logistique Achat (GPLA), parcours Management des Entreprises Agroalimentaires et de Process. Une formation en apprentissage, en partenariat avec de nombreuses entreprises agroalimentaires du Grand-Ouest, qui combine expertise de pointe et approche transversale.

 

« Je voulais être trapéziste ! »

 

CT : Que vouliez-vous faire quand vous étiez petit ?

VH : Je voulais être trapéziste ! Cela n’a finalement pas été le cas, mais il y a quand même quelques corrélations avec mon métier d’enseignant-chercheur !

 

CT : Pouvez-vous nous expliquer votre parcours en quelques mots ?

VH : J’ai fait des études de mathématiques appliquées et je me suis spécialisé dans la recherche opérationnelle, notamment sur les questions d’optimisation et différentes thématiques touchant à la logistique qui m’ont emmené à faire un Doctorat.

 

« En 20 ans, j’ai développé une expertise

 du secteur agroalimentaire »

 

CT : Et qu’est-ce qui vous a emmené plus spécifiquement à travailler dans l’agroalimentaire ?

VH : Je suis arrivé dans l’agroalimentaire par les mathématiques appliquées, mais aussi par un concours de circonstances. Je voulais devenir enseignant-chercheur et c’est dans l’agroalimentaire, qui était un domaine que je ne connaissais pas alors, que j’ai pu réaliser cet objectif. Après 15 ans comme enseignant-chercheur dans une Ecole d’Ingénieur Agroalimentaire à Rennes et 5 ans à l’IGR-IAE, j’ai développé une expertise du secteur !

 

CT : Qu’appréciez-vous tout particulièrement dans votre métier d’enseignant-chercheur ?

VH : J’aime beaucoup le contact avec les étudiants et avec les professionnels à la fois dans mes activités pédagogiques et dans mes activités de recherche. J’apprécie le fait d’avoir des missions assez larges qui me permettent des rencontres nombreuses et variées.

 

Une formation en apprentissage idéalement située

au coeur d'un tissu industriel agroalimentaire

 

CT : L’IGR-IAE propose depuis septembre 2017 un Master 2 en GPLA, parcours Management des Entreprises Agroalimentaires et de Process. Quels sont les atouts et les spécificités de cette formation ?

CH : Tout d’abord, la formation est idéalement située, ce qui en fait son premier atout. En effet, la Bretagne et le Grand-Ouest accueillent de très nombreuses entreprises agroalimentaires et l’IGR-IAE est très bien implanté dans ce tissu régional. L’IGR-IAE a d’ailleurs un historique en matière agroalimentaire avec un Master en Management des Entreprises Agroalimentaires qui a une vingtaine d’années.  Cette bonne implantation nous a permis de développer de très beaux partenariats. Avec l’ABEA, Association Bretonne des Entreprises Agroalimentaires, par exemple ; mais aussi avec Bretagne Supply Chain (BCS).  Dans ce cadre, le Master GPLA, parcours Management des Entreprises Agroalimentaires et de Process forme des professionnels qui travailleront dans des entreprises agroalimentaires, mais aussi des entreprises de cosmétique, pharmacie, chimie, bio qui intègrent pour la plupart des intrants agricoles et végétaux.

Puis, la formation bénéficie aussi de l’expertise des enseignants-chercheurs qui la dirigent : Laurent Bironneau, le Directeur général de l’IGR-IAE, et moi-même. Tous les deux, nous connaissons vraiment très bien le secteur agroalimentaire et sommes en lien avec beaucoup d’entreprises et de professionnels.

Par ailleurs, notre formation a trois autres atouts. D’une part nous privilégions les petits groupes : nous n’acceptons pas plus de 15 étudiants chaque année, ce qui crée des conditions optimales pour travailler. D’autre part, il s’agit d’une formation en apprentissage avec les 6 premiers mois un rythme de 2 semaines en formation et de 2 semaines en entreprise ; et les 6 mois suivants, un temps de plus en plus important en entreprise. Enfin, la formation allie enseignements théoriques, conférences de professionnels ainsi que plusieurs serious games liés à la gestion d’une chaine logistique.

 

« Les entreprises partenaires font travailler les étudiants sur des projets,

des études prospectives et de la veille… »

 

CT : Que vous apportent les entreprises partenaires ?

VH : Outre le cadre de l’apprentissage, elles nous permettent de rester en lien constant avec la réalité du terrain en faisant travailler les étudiants sur des projets ou en nous demandant de faire des études prospectives ou de la veille sur des sujets qui les concernent. Par exemple, cette année, un groupe se penche sur la notion de blockchain et un second sur une nouvelle méthode de gestion de production (appelée DDMRP).

 

CT : Est-ce que vous voulez dire que vous adaptez constamment les programmes aux évolutions des entreprises ?

VH : En fait, les modèles et les concepts n’ont pas fortement évolué depuis une quarantaine d’années, même si les outils se modernisent avec le lean management, l’intelligence artificielle, l’automatisation... Certes, les ERP évoluent techniquement et la robotisation permet d’optimiser certaines tâches et de réduire la pénibilité. Mais globalement, la question d’un industriel, c’est plutôt « Comment m’y prendre pour répondre à la demande en qualité, au moindre coût et avec une réactivité maximum ? ». Cette question se pose autant d’un point de vue stratégique et tactique que d’un point de vue opérationnel.

 

CT : Quels sont les profils de vos étudiants et des candidats recherchés pour cette formation ?

VH : Nous ouvrons les candidatures à un public très large en termes de parcours antérieur. Actuellement, nous avons des étudiants issus de parcours de gestion et d’autres de parcours scientifiques en agroalimentaire, avec 60% de garçons et 40% de filles.

 

« Les femmes s’en sortent très bien

dans les métiers de production ! »

 

CT : C’est votre première promotion, mais souvent on constate chez les filles une moindre représentation dans les métiers et formations qui concernent la production. Pourquoi d’après vous ?

VH : Effectivement, on voit en contrepartie davantage de femmes dans les formations en R&D, Marketing et Qualité. Il y a une croyance populaire selon laquelle les métiers de production sont des métiers d’ateliers où il faut manager des équipes d’hommes dans des conditions parfois difficiles. Pour ma part, je constate que les femmes s’en sortent très bien ! Du reste, tous les métiers de la production ne sont pas nécessairement en atelier. Il y a beaucoup de métiers connexes en lien indirect avec le terrain, comme la planification et les prévisions par exemple.

 

« Une spécialisation avec une vraie

vision transversale de l’entreprise »

 

CT : Une phrase pour convaincre les industriels et les candidats ?

VH : Je dirais que la formation apporte une spécialisation en gestion, production et logistique avec des techniques approfondies mais aussi une vraie vision transversale de l’entreprise qui incite au dialogue avec toutes les directions de l’organisation !

 

CT : Dernière question : Quelle est votre Madeleine de Proust ?

VH : Alors, ce matin, mon petit déjeuner a été agrémenté de gelée de coings. Cela m’a rappelé la gelée de coings de ma grand-mère. Elle avait un grand jardin avec des arbres fruitiers et faisait toujours des confitures et des gelées exceptionnelles !

 

Propos recueillis par Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solutions RH pour la communauté agro