Etiquetage nutritionnel graphique

Etiquetage nutritionnel graphique

Pour le meilleur et pour le pire ?

L’étiquetage nutritionnel est un sujet qui revient souvent sur le dessus de la pile en ce qui concerne l’agroalimentaire. Et pour cause !

Les IAA doivent répondre à diverses contraintes réglementaires, en même temps que les labels se multiplient et alors que la surface disponible pour l’étiquetage tend à se réduire dans un effort de réduction de l’emballage.

Les consommateurs français quant à eux, sont assez peu informés en matière de nutrition, même s'ils font le lien entre nutrition et santé. Noyés d’informations, ils ont besoin de faire des choix éclairés au moment de l’achat. Qu’est-ce que le dextrose ? Le sorbitol ? A quoi sert la lécithine de soja, le E 953 ou le E 322 ? Que sont le lait anhydre ou les folates ? Et que dire quand l’information nutritionnelle figure en cinq ou six langues sur une surface grande comme une carte de visite ?

Depuis mars 2015, à l’initiative de Marisol TOURAINE, ministre des Affaires sociales et de la santé, une grande concertation a été conduite avec des représentants des industriels, des distributeurs, des consommateurs, des patients, des autorités sanitaires et des scientifiques. Objectif ? Déterminer plusieurs systèmes graphiques possibles d’information du consommateur lui permettant de faire des achats réfléchis au regard de sa santé.

Dans ce cadre, quatre systèmes graphiques d’étiquetage nutritionnel ont été proposés. Ces derniers obéissent soit à une approche analytique, qui présente les principaux composants du produit et les quantifie ; soit à une approche synthétique fondée sur un code couleur.

Afin de choisir le système le plus performant sur les comportements d’achat, ces différents logos seront testés en conditions réelles d’achat entre septembre et décembre 2016. Les résultats de cette expérimentation analysés par un comité scientifique indépendant conduiront les pouvoirs publics à recommander un système d’information nutritionnelle aux IAA début 2017.

La démarche, si elle semble bien inspirée, soulève toutefois des questionnements. Certes, elle apportera une information nutritionnelle supplémentaire aux consommateurs. Peut-être incitera-t-elle aussi les industriels à revoir leurs recettes pour obtenir des aliments moins gras, moins sucré, moins salé et plus riches en apports nutritionnels. Mais n’y a t-il pas en même temps le risque de stigmatiser certains aliments et d’appauvrir certaines filières constitutives de notre patrimoine gastronomique, dans un pays où on a la chance de pouvoir associer alimentation et plaisir ?

CT