Les espaces de détente en entreprises

Les espaces de détente en entreprises

 

Disponibilité, tabous, intimité et mixité

L’étude quantitative « Happy at Work », réalisée par Célica Thellier pour meilleures-entreprises.com auprès de 3949 répondants issus de 51 entreprises explore les corrélations entre « espace de travail » et « engagement » des collaborateurs.

Parmi les répondants, 60,3% travaillent en open spaces, 16 % en bureau partagés et 10% en flex-office.  62,4% ont moins de 35 ans. 57,4% sont des hommes.

Trois critères sont plus particulièrement observés concernant l’espace de travail : les interactions rendues possibles ; les ressources et outils disponibles ; et l’espace. Si les répondants sont plutôt d’accord ou tout à fait d’accord avec le fait que leur espace de travail favorise les intéractions et qu’ils disposent d’outils performants, les réponses sont bien plus nuancées concernant l’espace de travail.

 

 

Concentration, créativité et détente : les grands perdants des nouveaux « espaces de travail » ?

Ainsi, 55,5% des répondants sont tout à fait d’accord ou plutôt d’accord avec le fait que les espaces leur permettent de se concentrer ; 40,5% avec le fait que les espaces stimulent leur créativité et 37 % seulement avec le fait qu’ils peuvent trouver des espaces de détente quand ils en ont besoin.

L’équilibre entre d’une part "ouverture et interaction" et d’autre part "possibilité de se recentrer sur « soi-même » et d’avoir de l’intimité" semble donc demeurer un challenge.

Sur la notion de détente, notamment, la génération Z (les moins de 23 ans) semble pouvoir se changer les idées quand le besoin s’en fait sentir (49%), avec un score beaucoup plus élevé que la moyenne. Par contre, au sein de cette catégorie, hommes et femmes démontrent des comportements bien différents : 55 % des hommes contre 38% des femmes utilisent ces espaces de détentes.

 

Se détendre en entreprise : possibilité, jugement et sphère intime

Alors que le besoin de manger, de boire ou le besoin d’aller aux toilettes sont des besoins physiologiques reconnus et intégrés par les entreprises et collaborateurs, le besoin de repos n’est-il pas plus délicat à appréhender ?  Se détendre en faisant du baby-foot, avec un livre ou en sombrant dans les bras de Morphée, c’est abandonner sa posture professionnelle et livrer une part de son intimité avec peut-être la crainte du jugement de l’entourage professionnel.

En France, les premiers « espaces de détente » qui ne soient pas la salle de repos toute blanche avec une machine à café dateraient de 1995 avec l’installation d’Accenture à Paris. Depuis 2010, les entreprises ont tendance à intégrer des espaces de détente dans l’aménagement de leurs bureaux ainsi que des "calm space" pour faire la sieste dont les bénéfices ont été pleinement démontrés. Sans doute une récence qui explique un effet générationnel sur les Z.

Reste que les résultats de l’étude emmènent de nombreuses questions : Les Z assument-ils davantage que leurs aînés ce besoin de détente ? En ont-ils davantage la possibilité parce que leur niveau de responsabilité le leur permet ? Les hommes de la génération Z assument-ils mieux que les femmes ce besoin de détente ? Les femmes s’autorisent-elles moins à se détendre au travail (peur d’être jugées « payées » à rien faire) ?  Les salles de napping, baby-foot, salles de sport seraient-elles plus adaptées aux attentes masculines ? Quelles seraient alors les attentes des femmes en termes de détente ?

Beaucoup de questions dont nous n’avons pas les réponses, mais vos témoignages nous intéressent !

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solutions RH pour la Communauté Agro

Crédit photo : Wikimedia - Public Domain