L’emploi dans La Bio en forte progression

L’emploi dans La Bio en forte progression

118 000 emplois directs en bio créés en 2016

Les Assises de la Bio du 21 septembre 2017 étaient dédiées à l’emploi et au développement des compétences dans le secteur. Voici les points saillants développés par les différents intervenants de la conférence.

 

 

L’emploi dans la Bio a progressé de 8,4% par an depuis 2012

La Bio représente actuellement 6% de la Surface Agricole Utile et 10,8% des emplois agricoles.

Alors qu’en 2012, on comptabilisait 85 333 emplois créés par la Bio, ils sont en 2016 près de 118 000, soit une progression de 38% en 4 ans, et 8,4% en moyenne par an.

 

Pas seulement une conversion d’emplois conventionnels

La création d’emplois dans la Bio n’est pas seulement un transfert d’emplois depuis l’agriculture conventionnelle à l’occasion de conversions. La Bio nécessite davantage de ressources humaines que l’agriculture conventionnelle car elle remplace l’utilisation d’intrants, d’engrais et de machines par des opérations manuelles.

L’entreprise Adratis, spécialisée dans la production de plantes médicinales a ainsi fait la démonstration des emplois induits par la conversion en Bio. Née en 2010, la société a créé 10 emplois directs, auxquels s’ajoutent tous les emplois générés par l’activité dans les nombreuses fermes d’approvisionnement. A titre d’exemple, le dirigeant cite une ferme de 150 hectares, employant 1 UTH (Unité de Travail Humain) et produisant en conventionnel du blé, du colza, du maïs et du tournesol. Une fois convertie en AB, la ferme produit des légumes secs, du quinoa, du lin, des petits pois, des haricots verts, des pommes de terre et des plantes médicinales. Grâce à la visibilité et la sécurité assurée par la contractualisation et une meilleure répartition des revenus, la ferme peut employer 3 UTH. Les 2 UTH supplémentaires permettent d'assurer une meilleure présence agronomique - nécessaire du fait de la réduction d'intrants, de machines et de produits phytosanitaires - et d'assurer un travail saisonnier sur les zones inaccessibles aux machines.

 

Pas seulement des métiers de production

Les emplois créés dans La Bio concernent pour la plus grande part la production, loin devant la transformation, le commerce de détail, les emplois de service et le commerce de gros. Toutefois, en quatre ans, on note une très forte progression de création d’emplois dans le commerce de détail, reflétant la forte progression des moyennes surfaces bio dans les centres ville, et donc l’attrait des consommateurs pour les produits bio.

Par ailleurs, face à une société en mutation, la Bio doit aussi investir dans la formation et dans des ressources pour comprendre les leviers des consommateurs, expliquer la démarche et la philosophie de la filière, travailler sur la distribution pour se développer. Un point d’autant plus important à la lumière du  scénario Afterres2050 du champ à l’assiette. Ce scénario analyse, avec des hypothèses et variables, comment l’on peut répondre à des enjeux parfois contradictoires comme : nourrir les hommes, lutter contre le changement climatique, améliorer le revenu des agriculteurs, restaurer les écosystèmes, fournir de nouvelles productions, intégrer le bien-être animal, améliorer la santé des consommateurs … Il trouve en grande partie la réponse à cette équation dans le développement de la Bio.

 

La Bio : une philosophie

Dans une société en mutation, La Bio gagne du terrain parce qu’au-delà d’un cahier des charges, elle est surtout une philosophie qui séduit les consommateurs, les acteurs des territoires et les professionnels en devenir ou en reconversion à la recherche de plus de naturalité, de plus d’utilité, de plus d’humanité et d’une autre façon de travailler, de vivre et de consommer.

 

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Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob.com, Solutions RH pour la Communauté Agroalimentaire

Crédits photos : Wikipedia, CC Domaine Public