L'étiquetage nutritionnel ne suffit pas ...

L'étiquetage nutritionnel ne suffit pas ...

 

L’éducation au goût et à la nutrition pour lutter contre l’obésité

« Les français sont perdus quand ils lisent les informations nutritionnelles indiquées sur les produits industriels, nous dit-on.

Afin de faciliter leur compréhension, guider leurs achats et lutter contre l’obésité, l’article 14 de la loi santé votée le 26 janvier 2016 a prévu la mise en place d’un étiquetage nutritionnel graphique pour les produits industriels.  Ainsi, depuis le 26 septembre 2016, 4 différents systèmes d’étiquetage nutritionnel sont en test dans 60 supermarchés. En décembre, le système d’étiquetage plébiscité par les consommateurs sera dévoilé et les industriels seront incités à l’utiliser sur leurs emballages.

Quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel au banc d’essai :

Les quatre systèmes actuellement en test reposent sur des critères de classification différents décrits et illustrés ci-dessous :

Deux systèmes synthétiques :

  • Nutri-Score : système à cinq couleurs répartissant les produits en cinq catégories, élaborées sur la base d’un score caractérisant la qualité nutritionnelle du produit, à partir des teneurs en nutriments majeurs.
  • Le repère alimentaire « Sens » : système à quatre couleurs comportant une indication sur la fréquence de consommation recommandée, construit à partir d’une classification réalisée sur la base de la teneur du produit en nutriments majeurs.

Deux systèmes analytiques :

  • Nutri Repère : système améliorant un dispositif déjà utilisé, les repères nutritionnels journaliers, visualisant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel ;
  • Nutri couleurs : système mis en oeuvre au Royaume-Uni depuis plusieurs années (« Traffic Lights »), fondé sur une échelle à trois couleurs fournissant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, sucre, sel, matières grasses et acides gras saturés.

L’initiative sera-t-elle suffisante pour lutter contre l’obésité ?

Si elle peut apparaître comme un premier pas, je pense que cette initiative doit s’accompagner de campagnes d’éducation au goût et à la nutrition au risque d’être terriblement simpliste et discriminante.

En effet, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, c’est davantage le contenu du caddy ou le repas qu’il faut considérer plutôt que chaque produit séparément. Si j’achète un paquet de chips, je présume que l’étiquetage nutritionnel ne sera pas en la faveur du produit et me fera peut-être un peu culpabiliser. Maintenant, si j’ai prévu pour mon repas un filet de poisson avec de la ratatouille et des fruits, où est le mal de se faire plaisir avec des chips en apéro ?

Mon entreprise Olivoïl vend principalement ses huiles fines biologiques aux restaurateurs et dans des épiceries fines ou ses propres enseignes. Depuis plus d’un an maintenant, nous travaillons sur la création d’une ligne d’huiles d’olives fines aux plantes aromatiques destinée à la vente en supermarchés. Notre objectif est de faire découvrir les saveurs de la cuisine méditerranéenne. De permettre aux gens de mettre quelques notes ensoleillées dans leur plat ou leur salade et de soutenir l’agriculture biologique de nos producteurs partenaires.

Mais voilà, les systèmes d’étiquetage proposés sont tous en notre défaveur : nous vendons du gras ! Donc notre projet est en train de prendre l’eau parce que nous défendons le bien-manger et que cette valeur serait totalement contredite par n’importe lequel des étiquetages nutritionnels.

Je crois surtout que le système d’étiquetage choisi sera un élément insuffisant pour lutter contre l’obésité. En la matière, ce qui me semble le plus pertinent, notamment du fait de notre patrimoine culturel gastronomique, c’est l’éducation. Apprendre dès le plus jeune âge à composer ou cuisiner un repas équilibré et à respecter une hygiène de vie qui permette de préserver la santé, voilà ce qui est important ! Les cantines scolaires pourraient jouer un rôle crucial d’éducation aux enfants et aux parents, tout en permettant de promouvoir notre patrimoine gastronomique si envié dans d’autres pays.

Et vous, qu’en pensez-vous ? »

Michèle, DRH d’Olivoïl et Chroniqueuse pour Wonderfoodjob.com, site emploi-recrutement dans l’agroalimentaire

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