Améliorer l’information concernant les produits agroalimentaires

Améliorer l’information concernant les produits agroalimentaires

Le consommateur français : entre défiance et confiance

Opinion Way a réalisé fin 2018 un sondage pour FoodCamp sur « Les français et l’alimentation : confiance, attente d’informations et perception de la qualité des produits ».  Il en ressort des éléments intéressants pour tous les professionnels de l’agroalimentaire désireux d’améliorer l’engagement de leurs consommateurs.

 

 

Des attentes d’information ciblées et tournées vers le consommateur

D’après le sondage, 86% des français font attention à leur alimentation, dont 21% très attention.

De même, 86% des français ont de fortes attentes d’informations sur les produits qu’ils achètent, cette proportion augmentant avec l’âge. Les attentes sont particulièrement importantes en ce qui concerne le prix (62%) ; la provenance (58%) ; la composition (56%) ; la qualité gustative (43%) et les qualités nutritionnelles (43%). Le respect du bien-être animal (25%) ; l’impact environnement du produit (19%) ; la marque (17%) ; et la présence d’allergène (14%) intéressent moins.

Hormis la présence d’allergènes qui concerne une minorité de personnes, il semblerait que les préoccupations des consommateurs soient davantage tournées vers les consommateurs eux-mêmes et leur santé que vers le monde.

Par ailleurs, les personnes interrogées jugent les informations fournies sur les produits peu complètes (65%) ; peu claires (62%) ; peu compréhensibles (58%) ; et peu fiables (57%).

 

Et la confiance ?

Dans ce contexte, sur quoi la confiance repose-t-elle lors de l’achat de produits alimentaires ?

27% des français ont confiance dans tous les labels ou les garanties. A l’inverse, 15% n’ont confiance dans rien, hormis les petits producteurs.

On retrouve d’ailleurs aux 2 extrémités de l’indice de confiance les petits producteurs (82%), et les grandes marques (37%). Entre ces deux pôles s’échelonnent les labels de qualité (67%) ; la garantie de l’origine française (67%) ; la garantie d’origine naturelle des ingrédients (57%) ; le label Bio (51%) ; les produits sans OGM (49%) ; les produits d’origine végétale (37%). L’étiquetage Nutri-Score sur l’information nutritionnelle et l’étiquetage sur le Bien-Etre Animal créé tout récemment n’apparaissent pas dans cet indice. De même, les applications du type Yuka ne sont pas citées.

Si cet indice de confiance donne un aperçu de la quantité d’informations dont on peut disposer sur un produit via les étiquetages et labels divers et variés, il interroge donc aussi la lisibilité de l’information véhiculée, la cacophonie et l’efficacité de ces labels indépendants sur des packagings que l’on veut de plus en plus légers.

Mais surtout, l’indice de confiance faible vis-à-vis de l’industrie agroalimentaire, cristallise un malaise entre et les consommateurs et le secteur et semble remettre en question un modèle de société de produits transformés à la croisée d’enjeux alimentaires. Il faut dire que le moindre scandale alimentaire ou sanitaire jette l’opprobre sur toute la filière. Par ailleurs, les médias contribuent à créer un climat de défiance des consommateurs à l’égard des IA, en ne véhiculant que les points négatifs sans valoriser les bonnes pratiques et l’innovation du secteur.  Tout cela, dans un contexte où les IA ont vu fondre leurs marges ces dernières années du fait de la guerre des prix des distributeurs : un fait qui n’est pas toujours compris ou perçu par les consommateurs qui ressentent une hausse des prix alors que la part du budget consacré à l’alimentation n’a jamais été aussi réduite. (20% en 2014 contre 35% dans les années 60)

 

Travailler sur la transparence 

Dans un monde où le consommateur est en recherche de réassurance, l’IA doit encore travailler sur l’accessibilité, la clarté et la complétude de l’information qu’elle donne sur ses produits et sur ses entreprises. De nombreuses initiatives ont déjà été mise en œuvre via des journées portes-ouvertes, des systèmes de flash-codes ou de réalité augmentée.

L’ANIA vient par ailleurs de lancer Num-Alim : la 1ère plateforme numérique de données ouvertes, fiables et exhaustives sur les produits alimentaires. Un projet collectif et global pour répondre aux enjeux de transparence et de valorisation des démarches de qualité dans l’ensemble de la filière.

 

Image by Alexas_Fotos on Pixabay

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

 

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