Bien-être animal : Casino lance un étiquetage

Bien-être animal : Casino lance un étiquetage

230 critères pour évaluer le bien-être animal

Les filets de poulets ne tombent pas du ciel ! Ils proviennent d’être vivants qui ont été créés et élevés pour la consommation humaine. Pour autant, la fin (la mort) ne justifie pas de mauvaises conditions d’élevage et d’abattage. Casino lance, en concertation avec trois ONG, un étiquetage indiquant le niveau de bien-être dont l’animal a bénéficié depuis sa naissance jusqu’à son abattage. Une information attendue par des consommateurs, de plus en plus conscients de l’impact de leur alimentation.

 

 

L’étiquetage BEA, pour permettre des achats éclairés

Durant 18 mois, la Fondation Droit Animal Ethique et Sciences, l'Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) et Compassion in World Farming France (CIWF) ont travaillé avec le groupe Casino, pour développer un étiquetage Bien-Etre Animal (BEA), une première en France.

L’étiquetage indique, à travers l’analyse de 230 critères, 4 niveaux de Bien-Etre Animal : A : supérieur, B : bien, C : assez-bien et D : standard.  

Par exemple, en ce qui concerne les poulets, la catégorie A leur permet d’avoir 68% de surface en plus que celle réglementaire. Leur durée minimale de vie est de 81 jours et les poulets ne doivent pas subir plus de 3 heures de transports jusqu’à l’abattage, dans des abattoirs équipés de vidéo surveillance où ils seront étourdis avant la saignée.

En comparaison, le niveau C autorise 8 heures de transport et n’octroie que 40% de surface supplémentaire par rapport à la surface règlementaire.

L’étiquetage déjà en œuvre sur le poulet s’appliquera ensuite à d’autres viandes et peut-être même aux poissons. Il pourrait également devenir un référentiel national, voire européen à une époque où la loi et la règlementation sont en retard sur des attentes sociétales et laisse perdurer des pratiques révoltantes.

 

L’étiquetage BEA, pour pallier un vide dans la règlementation et un retard de la loi

Dans un mouvement de reconnexion des consommateurs aux produits alimentaires qu’ils consomment, le rideau des conditions de production mis en place par les sociétés productivistes d’après-guerre avec la complicité des consommateurs s’est levé sur une réalité d’une violence inouïe qui questionne notre humanité. Les poussins mâles sont broyés, parce qu’inutiles. Des poules passent leur vie à pondre dans des cages où elles ne peuvent pas bouger. Les porcs sont castrés à vif. Les vaches, inséminées sans relâche. Leurs veaux (surtout les mâles) leurs sont arrachés et envoyés à l’abattoir… Devons-nous accepter cela pour manger de la viande et des produits animaux ?

Alors que de plus en plus de voix s’élèvent en faveur de la cause animale, alors que des associations prennent la défense de ces êtres sensibles, la règlementation peine à fournir des garanties aux consommateurs et à changer les pratiques des producteurs. Les labels Bio n’interviennent pas par exemple, sur les conditions d’abattage. Le législateur n’a pas tranché sur certaines conditions d’élevage controversées. 30% à 40 % des œufs de poules élevées en batterie sont utilisés dans les ovoproduits, ce qui laisse la place à de piètres conditions de vie pour ces êtres vivants.

Ce sont donc les acteurs, observateurs, consommateurs et associations de la filière alimentaire qui prennent les choses en main. Certains distributeurs, aux premières loges pour observer les tendances alimentaires et l’explosion des produits végétariens, végans et Bio ont su, avant la réglementation, prendre la décision de ne plus vendre d’œufs de poules en batterie par exemple.

Aujourd’hui, la mise en place d’un étiquetage BEA donne concrètement la possibilité aux consommateurs, de faire évoluer les pratiques d’élevage.

 

Image : copie d’écran du site OABA

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

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