Les alternatives au salariat traditionnel : une transition sous condition !

Les alternatives au salariat traditionnel : une transition sous condition !

Liberté / sécurité financière…ça fait réfléchir !

L’APEC vient de publier une étude dans laquelle elle analyse l’intérêt des cadres pour les autres formes d’emploi que le salariat traditionnel : micro-entreprenariat, portage salarial, entreprises de travail à temps partagé, coopératives d’activité et d’emploi, groupements d’employeurs… Des formules jugées positivement du fait de la liberté et l’autonomie qu’elles permettent ; mais vers lesquelles le frein à la transition reste la sécurité financière.

 

 

Des alternatives au salariat qui jouissent d’une bonne image auprès des cadres

95% des cadres interrogés connaissent au moins une forme de travail différente du salariat traditionnel, ne serait-ce que de nom ; parmi lesquelles le micro-entreprenariat (92%) ; le portage salarial (53%) ; les entreprises de travail à temps partagé (45%) ; les groupements d’employeurs (41%) et les coopératives d’activité et d’emploi (34%).

21% des cadres sans emploi et 17% des cadres en poste ont déjà expérimenté au moins une forme de travail différente du salariat traditionnel, la forme la plus courante étant le micro-entreprenariat, suivie du portage salarial.

De manière globale, les alternatives au salariat traditionnel sont jugées plutôt positivement (75% des suffrages) par les cadres. Les principaux avantages perçus concernant ces formes de travail sont l’autonomie, la liberté d’organiser son temps, le fait de ne pas avoir de supérieur hiérarchique, la variété et l’intérêt des missions et méthodes de travail... S’ajoute, notamment pour le portage salarial et le temps partagé, le bénéfice d’un statut salarié. Et pour le portage salarial et les coopératives d’activité et d’emploi, le fait de déléguer les démarches administratives est cité comme un avantage. Mais ces autres formes de travail ont aussi leur revers de médaille, principalement lié à l’insécurité financière (capacité à trouver des missions, irrégularité des revenus, et protection sociale minimale.)

 

Une transition sous conditions …

Les cadres sont en quête de revenu régulier et d’accomplissement dans leur vie professionnelle. Chez les interrogés, la part des cadres jugeant très important le fait de percevoir des revenus réguliers est de 64%. Hormis la sécurité de l’emploi qui recueille 40% des suffrages, tous les autres aspects importants liés à l’activité professionnelle concernent l’accomplissement : faire du bon travail (61%) ; progresser, apprendre à faire de nouvelles choses (56%) ; faire un métier qui a du sens (51%) … Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et questionnent la capacité des entreprises à permettre l’accomplissement des salariés.

Ainsi, malgré un attachement fort au salariat, 57% des salariés pourraient, dans l’absolu, envisager d’y renoncer. Mais les cadres sans emploi sont davantage prêts à occuper un travail sous un statut différent du salariat traditionnel (74%) ; de même que les cadres insatisfaits de leur situation professionnelle (69%).

Cependant, la sortie du salariat conventionnel n’est le plus souvent imaginée que sous deux conditions majeures : l’existence d’un projet solide et motivant d’une part ; et la garantie de revenus suffisants et réguliers d’autre part. L’assurance de pouvoir retrouver la même régularité de revenus que dans le salariat classique est d’ailleurs citée par 45% des cadres comme l’un des éléments premiers qui pourrait les inciter à faire le choix d’une autre forme d’emploi.

Enfin, les circonstances qui peuvent amener les cadres vers d’autres formes de travail suivent deux logiques distinctes. Il peut s’agir tout d’abord d’un repli plus ou moins souhaité vers d’autres alternatives de travail, après un licenciement par exemple (54%), ou chez les cadres séniors (71%) et les cadres sans emploi (59%). Il peut s’agir ensuite d’une logique de complémentarité ou de transition :  complémentarité avec un emploi salarié pour un complément de revenu (37%) ou avant de se projeter à 100% vers une nouvelle activité (36%).

 

En conclusion, si la société évolue et multiplie les formes de travail, le salariat semble rester pour la plupart des cadres interrogés, la forme de travail la plus sécurisante, quitte à sacrifier un peu de sa liberté et de ses souhaits d’accomplissement. Il aurait cependant été intéressant d’avoir des chiffres plus précis par tranches d’âges sur cette étude. Quoi qu’il en soit l’enquête apporte des éléments intéressants sur les leviers d’attractivité et d’engagement au sein des entreprises, notamment avec la possibilité de mixer plusieurs statuts pour concilier liberté, accomplissement et sécurité financière.

 

Image par bungeeinternational de Pixabay

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

 

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