L’apprenance : une assurance-vie !

L’apprenance : une assurance-vie !

« Je veux apprendre » fait son coming-out !

 

« Je serais très heureux-se d’intégrer votre entreprise pour vous apporter mes compétences que tant que ceci-cela, et apprendre… ». Il y a encore pas si longtemps, cette candidature pour un poste dans une entreprise aurait certainement souffert de la remarque : « Vous n’êtes pas là pour apprendre car nous n‘avons pas le temps et le budget pour vous former ! Vous êtes là pour nous apporter des compétences afin de contribuer au chiffre d’affaires. D’ailleurs êtes-vous bien certain-e d’avoir toutes les compétences nécessaires puisque vous dites vouloir apprendre…». Il y a encore pas si longtemps, les jeunes diplômés avaient la vie dure parce que non seulement on leur reprochait leur manque d’expérience, mais en plus l’envie d’apprendre n’était pas vraiment recevable pour pallier ce manque. Il fallait en quelque sorte avoir 22 ans et 10 ans d’expérience professionnelle… 

Mais le monde a terriblement changé … Désormais, les entreprises ont compris qu’en plus des compétences et des qualités d’un-e candidat-e, sa motivation et sa capacité à apprendre et à se réinventer sont juste vitales pour permettre à l’organisation de rester en lien avec son écosystème.

 

 

 

De l’apprentissage à l’apprenance

L’avènement d’un monde digital en réseaux et en temps réel a remis au goût du jour le fait d’apprendre et de s’adapter de manière continue pour rester en lien avec son écosystème. Il a favorisé l’émergence de nouvelles organisations plus plates, plus agiles, plus souples dites « organisations apprenantes ». Ces dernières favorisent la collaboration, l’intelligence collective et le partage de la connaissance pour s'adapter et progresser.

Ce faisant, apprendre est devenu une nécessité vitale et partagée. L’apprentissage a muté en « apprenance », qui sous-entend à la fois une dynamique individuelle et collective où chaque maillon de l’écosystème est contributeur et receveur. L’entreprise est ainsi comparée à un être vivant s’adaptant sans relâche à son environnement. 

 

L’apprenance n’existe pas … dans le dictionnaire

Pourtant, l’apprenance, qui est un néologisme apparu au début des années 90, est encore absente de certains dictionnaires. Il faut se tourner vers Internet pour en avoir une définition.

Ainsi l’apprenance est définie par Wikipedia comme « une volonté d’apprendre et d’apprendre ensemble à quatre niveaux : individuel, organisationnel, inter-organisationnel et sociétal. […] L’apprenance permet de s'enrichir de sa propre réflexion dans l’action, des découvertes des uns et des autres, des enseignements en groupe, de fluidifier la circulation de l'expérience, et de s’adapter aux changements. C’est travailler en transparence dans des réseaux transverses formels ou informels. Pratiquer l'apprenance est une question de survie. Dans un environnement de plus en plus changeant et évolutif, l'entreprise doit apprendre à se mouvoir. Elle est comparable à un organisme vivant dont l’existence biologique est faite d'interactions. Les différences sont et font sa richesse, la créativité se développe, l'intelligence collective émerge. »

 

Pour briller en société !

C’est Peter Senge, professeur de management et auteur américain, directeur du Center for Organizational Learning (Centre pour les organisations apprenantes) du MIT Sloan School of Management qui a pour la première fois évoqué le concept de l’apprenance. En 1990, il publie La cinquième discipline qui reste, 25 ans après sa publication, une référence en matière de management et d’organisation.

Il y développe l’idée selon laquelle « pour toute organisation, l’avantage concurrentiel durable se trouve dans la capacité à apprendre plus vite que la concurrence. Cela passe par la maîtrise de cinq disciplines complémentaires. La maîtrise personnelle : clarifier notre approche de la réalité. Les modèles mentaux : apprendre à nous défaire de nos préjugés. La vision partagée : savoir relier des individus ensemble. L’apprenance en équipe : favoriser la réflexion collective par le dialogue. La pensée systémique : voir les problèmes dans leur ensemble. C’est la cinquième discipline, le levier conceptuel sur lequel se fondent les quatre autres. », indiquent les Editions Eyrolles.

D’autres lui ont depuis emboîté le pas. En France, Philippe Carré, professeur à l‘Université de Paris Ouest Nanterres-La Défense est une référence sur le sujet et sur l’évolution de la formation et des modes d’apprentissage. Pour lui l’apprenance est une attitude cognitive, conative et affective.

 

En devenant collectif, itératif, collaboratif et… productif, le fait d’apprendre s’est changé en « apprenance », déverrouillant du même coup les complexes d’infériorité, les envies refoulées et les postes très formatés ; donnant un coup de fouet à la formation  ; permettant de rattraper les rendez-vous manqués ; offrant des raccourcis pour se réaliser, s’individuer et devenir celui ou celle que l’on rêve d’être. La capacité et la motivation à apprendre s’est ainsi faite une belle place dans les critères de recrutement.

Candidats, jeunes et moins jeunes, n’ayez pas/plus peur de dire que vous aimez et souhaitez apprendre pour progresser et faire progresser votre entreprise. Les recruteurs sont de plus en plus sensibles à cet argument. Car c’est votre assurance employabilité et l’assurance vie de votre organisation !

 

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Crédits photos : WOCinTech Chat ; https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solution RH pour la Communauté Agro