Retour sur la conférence de presse économique de l’ANIA

Retour sur la conférence de presse économique de l’ANIA

 

L’agroalimentaire : un secteur toujours majeur mais fragilisé

La Conférence de Presse Economique Annuelle de l’ANIA s’est tenue le 20 mars 2018. Jean-Philippe Girard, son Président, est revenu sur les forces d’un secteur français emblématique et pourvoyeur d’emplois, mais aussi sur la guerre des prix des distributeurs, destructrice de valeur et d’opportunités de développement.

 

 

 

Un secteur industriel stratégique et majeur pour la France

L’agroalimentaire en 2017, reste un secteur majeur de la France.

  • 17% de l’emploi salarié français sur tout le territoire

Avec plus de 500 000 exploitations agricoles et 17 647 entreprises alimentaires (dont 98% de TPE et PME) réparties sur le territoire, le secteur agroalimentaire représente 429 079 emplois directs en 2017 et a créé 4 491 emplois en 2017. Il faut compter également plus de 2,4 millions d’emplois induits, soit 17% de l’emploi salarié français.

  • Un potentiel gastronomique, un excédent commercial

Nourri par la diversité gastronomique des territoires appréciée des français mais aussi des étrangers, le secteur agroalimentaire dégage 7,6 Md€ d’excédent commercial en 2017 (+4% par rapport en 2016), alors que le reste de l’industrie manufacturière est déficitaire (- 49 Md€)

 

Les producteurs et industriels entre le marteau et l’enclume

Cette bonne santé apparente cache cependant de nombreuses fragilités qui mettent en exergue les opportunités manquées du secteur.

  • L’enclume de la hausse des coûts des matières premières

En effet, d’une part les producteurs et transformateurs sont pris entre l’enclume de la hausse des prix des matières premières. Ces dernières représentent une part très importante de leur Chiffre d’Affaires (CA) – en moyenne 55% et jusqu’à 77% pour certaines industries de 1ère transformation ; contre 36% du CA dans le reste de l’industrie dont le sourcing se fait souvent à un niveau plus global.

  • Le marteau des négociations sauvages des distributeurs

D’autre part, les producteurs et industriels subissent le marteau des distributeurs qui se sont livrés à une guerre des prix sans précédent en début d’année, après avoir signé la Charte d’Engagement dans le cadre des Etats Généraux de l'Alimentation. Cette guerre des prix s’est concrétisée par des négociations très dures, toujours à la baisse alors que le coût des matières premières a augmenté ; des menaces de déréférencement et des comportements abusifs de la part des acheteurs, d’après le Comité de Suivi des Négociations Commerciales.

 

Depuis 2014, les prix des produits de grande consommation alimentaire ont reculé de 4 points. Cela équivaut à une destruction de valeur de 4 Md€ pour la filière alimentaire. Une baisse des prix non perçue par le consommateur qui prive les producteurs et industriels d’oxygène pour pouvoir innover, investir, embaucher et exporter et qui est donc globalement préjudiciable à toute l’économie.

 

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Crédits photos : Alexas_Fotos / 17609 photos

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob, Solutions RH pour la Communauté Agro