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Un salarié hier, un entrepreneur aujourd’hui

Publié le 27 janvier 2021

Modifié le 28 janvier 2021

Sauter le pas en créant sa propre activité ? C’est une question que beaucoup d’entre vous se sont déjà posée. Pour parler de ce sujet, nous avons donné la parole à Damien Maillard, Fondateur d’AGROVERTIS.

  • Présentez-nous votre parcours

Après mon Bac, j’ai intégré l’Ecole de Biologie Industrielle, école d’ingénieur en post-bac. Au cours du cursus, j’ai suivi une majeure tournée vers la R&D. Au fil du temps, stages et projets se sont tournés de plus en plus vers le monde de l’alimentaire. Suite à mon stage de fin d’étude, et après quelques mois de CDD chez VICO, j’ai effectué mon Service National en coopération au CIRAD dans la recherche sur la filière banane. A mon retour, j’ai intégré la société CREA, une entreprise de Conseil, d’Assistance technique et de Formation pour l’Industrie Alimentaire et la Restauration. J’ai pu travailler sur des missions variées, avec une forte orientation vers la cuisson sous vide à basse température.

Ensuite, j’ai basculé mon parcours vers l’Industrie : charcuterie, poudre chocolatée, emballages en carton ondulé, farine, poisson fumé. Mon parcours diversifié, en R&D, Qualité, Production et Direction de site, m’a également permis d’évoluer en termes de responsabilités.

« Le principal moteur du « vouloir entreprendre » est l’autonomie qui permet de choisir librement ce que l’on veut faire. »

  • Comment êtes-vous arrivé à l’idée de créer votre propre société ? Quelles étaient vos motivations ?

L’entreprenariat est dans ma culture familiale : mon père a créé sa propre entreprise de paysagiste, ensuite reprise par mon frère. A une échelle plus large un bon nombre de membres de ma famille sont entrepreneurs dans différents domaines.

L’idée d’entreprendre est donc fortement présente depuis longtemps. C’est même devenu un souhait de couple avec mon épouse. Le principal moteur du « vouloir entreprendre » est l’autonomie qui permet de choisir librement ce que l’on veut faire. Ensuite tout est affaire d’opportunités à saisir, et de se sentir prêt et suffisamment solide.

« Un bilan de compétences m’a permis de creuser sérieusement le sujet »

  • Quel a été le déclic pour enclencher un changement dans votre vie professionnelle bien riche et variée ?

La vie professionnelle est bien souvent une affaire d’opportunités. J’aime découvrir et apprendre de nouvelles choses. Changer de secteur d’activité m’a toujours énormément enrichi. A chaque virage, des choix se présentent, et ces dernières années la question d’entreprendre est souvent revenue.

Un bilan de compétences m’a permis de creuser sérieusement le sujet, y compris le type d’activité. Les épisodes de COVID ont, à la fois, fait hésiter puis confirmer notre choix. Je dis notre choix car nous créons notre Société à deux avec mon épouse.

« ….notre souhait de participer au virage d’une nouvelle alimentation plus durable, plus locale, plus propre… »

  • Pourquoi avez-vous choisi cette activité ?

C’est à travers le bilan de compétences que le choix d’activité s’est totalement clarifié. Entre mes compétences techniques dans l’Agroalimentaire, mes connaissances en gestion d’entreprise et notre souhait de participer au virage d’une nouvelle alimentation plus durable, plus locale, plus propre et plus économe, l’idée est naturellement venue. Ainsi nous avons choisi de centrer notre activité sur l’accompagnement des Producteurs de l’alimentaire, qu’ils soient des TPE/PME ou Exploitants agricoles.

  • Combien de temps avez-vous mis entre l’idée et la réalisation ?

Au total cela aura mis un peu moins d’un an, avec deux phases décisives : une première avec le bilan de compétences, et les débuts d’un business-plan accompagné notamment par la CCI. Il y aura aussi eu un temps mis entre parenthèse avec l’incertitude liée au premier confinement, et quelques mois d’activité salariée.  Ainsi, le projet a été sérieusement relancé en octobre 2020. Puis, mi-décembre le business-plan était écrit, et les premiers contacts de prospection lancés.

« Tout ce temps consacré à la réflexion, puis la création proprement dite, sont passionnants et exaltants. »

  • Quelles étaient vos difficultés principales pendant la création et après celle-ci ?

Tout ce temps consacré à la réflexion, puis la création proprement dite sont passionnants et exaltants. Nous avons rencontré peu de difficultés dans cette phase : nous avons su nous appuyer à la fois sur les accompagnements existants, en l’occurrence la BGE avec un financement de la Région Hauts-de-France, qui fait beaucoup d’efforts pour soutenir l’entreprenariat, et également sur notre réseau : avocat, comptable, designer, entrepreneurs. Tous ont contribué à nous aider à rapidement être opérationnels, monter le business plan, créer la Société, et les outils de communication.

Finalement c’est la durée des étapes, notamment pour les aspects administratifs de création, qui nous a paru le plus long.

« Nous apportons à ces entreprises [celles qui nourrissent les Hommes] des prestations de conseil, d’assistance technique et de formation. »

  • Présentez votre société

AGROVERTIS (du grec Agros = champs et du latin vertis = tu transformes) se veut être l’accompagnateur des entreprises qui nourrissent les Hommes : TPE/PME de l’Agroalimentaire, Collectivités, mais aussi Exploitations agricoles qui transforment ou souhaitent transformer leur production.

Nous apportons à ces entreprises des prestations de conseil, d’assistance technique et de formation.

  • Les missions de conseil apportent à nos clients des réponses à différentes formes de problématiques techniques : irrégularité d’un process, problème technologique sur un produit ou un process, défaut de qualité d’un produit, analyses non conformes, accompagnement à la gestion de crise, etc…
  • L’assistance technique s’attache à accompagner des projets techniques de production : développement d’un produit, nouvelle ligne de production, création d’un atelier ou d’un laboratoire de production, assistance à maître d’ouvrage. AGROVERTIS intervient sur la totalité du processus, de la définition des besoins à l’accompagnement au démarrage, en passant par la rédaction du cahier des charges et le suivi du projet.
  • L’animation de formations : hygiène, HACCP, traitements thermiques, biochimie des aliments, cuisson sous vide à basse température, microbiologie alimentaire, mais aussi au pilotage de la gestion de crise et le management de la sécurité.

« L’un de nos atouts est d’avoir une vision très complète de l’entreprise : garder un point de vue neutre en ayant le regard de la production, de la qualité, et de la gestion. »

  • Comment vous différenciez-vous de vos concurrents ? Quels sont vos atouts ?

AGROVERTIS se positionne comme un accompagnateur des entreprises œuvrant dans l’alimentaire sur l’ensemble de leurs problématiques techniques.

Notre force est de les accompagner de A à Z dans une solution, c’est-à-dire jusqu’à sa mise en œuvre sur le terrain et sa maîtrise par l’équipe du client.

L’un de nos atouts est d’avoir une vision très complète de l’entreprise : garder un point de vue neutre en ayant le regard de la Production, de la Qualité, et de la Gestion. L’analyse de la rentabilité économique d’une solution ou d’un projet intervient toujours le plus en amont possible, puis est affinée au fur et à mesure pour rester dans un univers économiquement viable.

La connaissance de techniques précises, comme la cuisson sous vide à juste température, permet l’émergence de projets alliant qualités organoleptiques, mise en avant des qualités des matières premières et sécurité alimentaire chez nos clients.

« Devenir entrepreneur est d’abord un choix très personnel de vie : l’implication personnelle et familiale est importante et doit être analysée avec sérieux en amont. »

  • Est-ce facile selon vous, de devenir entrepreneur aujourd’hui ? Quels conseils pouvez-vous donner aux gens qui se lancent dans l’entreprenariat ?

Devenir entrepreneur est d’abord un choix très personnel de vie : l’implication personnelle et familiale est importante et doit être analysée avec sérieux en amont. Ensuite avoir la bonne idée, l’éprouver, imaginer les pires scénarios, prévoir des plans B, C, D etc… est essentiel avant de se lancer vraiment dans les étapes de création. Comme dit précédemment, il ne faut pas hésiter à solliciter les structures d’aide à la création et son propre réseau tant pour avoir des conseils que pour réaliser certaines étapes. Juristes et comptables, même s’ils représentent une charge financière à intégrer au budget création, me semblent indispensables dans le processus. Dans son propre réseau, les meilleurs conseillers restent ceux qui ont créé récemment leur entreprise et ont encore les bonnes informations.

  • Quels seraient les trois mots qui caractérisent selon vous le secteur agroalimentaire ?

Plaisir, car manger est, et doit rester, un plaisir.

Adaptabilité, les entreprises du secteur doivent suivre au plus près les tendances et envies des consommateurs.

Naturalité, un objectif qui doit animer toutes les entreprises agroalimentaires.

« …l’essentiel, ce qui nous anime dans l’agro, c’est d’offrir des produits sains, beaux et savoureux aux consommateurs pour ravir leurs papilles ! »

  • Que diriez-vous à un étudiant en quête de projet professionnel pour le convaincre de venir travailler dans l’Agroalimentaire ?

Depuis plus de 20 ans dans ce secteur, je dis que l’être humain aura toujours besoin de manger, quels que soient les évènements extérieurs. La pandémie du COVID est malheureusement venue confirmer cela, avec des modifications importantes des choix des consommateurs auxquels le secteur agroalimentaire a commencé à répondre et doit aller plus loin. C’est donc un secteur dynamique, avec des domaines très variés, dans lequel on ne cesse d’apprendre et découvrir.

Mais l’essentiel qui nous anime dans l’agro, c’est d’offrir des produits sains, beaux et savoureux aux consommateurs pour ravir leurs papilles !

  • Si vous deviez donner un conseil à une personne qui ne se sent pas très bien dans sa vie professionnelle et qui hésite à changer de métier, que lui recommanderiez-vous ?

L’audace du changement apporte son lot d’inconnu. Mais on y trouve autant, sinon plus, de belles opportunités que de mauvaises surprises. Changer nécessite aussi de créer ces opportunités, en en parlant autour de soi, en utilisant intelligemment les réseaux sociaux.

Les cabinets de recrutement apportent aussi des aides précieuses à travers les entretiens et discussions : cela permet de clarifier ses souhaits, ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas, pour affiner son projet et être prêt pour rencontrer les entreprises.

Interview réalisée par Wonderfoodjob

Janvier 2021

Crédit photos Damien Maillard