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Le prix dynamique pour réduire le gaspillage alimentaire

Publié le 26 avril 2021

Un prix réduit pour une Date Limite de Consommation (DLC) plus courte ? Le prix dynamique permet aux supermarchés de revaloriser les produits tout en réduisant le gaspillage alimentaire et en responsabilisant les consommateurs.

Un prix différent selon la DLC grâce à l’IA 

Deux paquets de saumon fumé dont l’un arrive à expiration dans trois jours et l’autre dans trois semaines… Pourquoi les payer le même prix ?

Fondé en 2017, Wasteless offre une solution gagnante pour le consommateur, le supermarché et la planète. En effet, il s’agit d’appliquer un prix dynamique, dégressif en fonction de la date de péremption des produits périssables.  Par exemple, le paquet de saumon qui se périme dans trois jours pourra coûter 3,20 €. En revanche, celui qui aura une DLC valable trois semaines coûtera 6,00 €.

Ce système de prix dynamique fonctionne grâce à un algorithme centré sur le consommateur. L’Intelligence Artificielle (IA) prend en compte ses habitudes, la demande et ce qui peut impacter l’achat en temps réel. Objectif ? Lui proposer à chaque fois un prix optimum. Ce prix dynamique doit lui permettre de considérer éventuellement l’achat d’un produit à DLC plus courte pour un coût moindre. Cela pourrait se rapprocher d’un « nudge antigaspi » modifiant son comportement habituel de chercheur frénétique de fraîcheur dans les rayons.

Prix dynamique  : un « nudge » pour consommer plus responsable ?

Tout d’abord, en proposant un prix optimal en fonction de la date de péremption et de la demande, le consommateur se voit offrir le choix de faire des économies. Et ce… plutôt que d’aller systématiquement piocher le dernier pack de yaourts, là-bas, tout derrière. (Levez-la main, ceux qui font ça systématiquement…). Mais ce n’est pas tout. Il se voit aussi proposer la possibilité d’acheter pour une consommation proche certains produits qu’il n’achèterait pas au prix fort.  Ce faisant, il est aussi plus attentif à la planification de ses repas et à la gestion de ses stocks pour éviter le gaspillage.

L’effet positif de ce système, c’est qu’il ouvre au choix et permet de faire changer les comportements. Et ce, tout en revalorisant les produits. En effet, le système du rabais ou de la « promo » existe aussi dans les supermarchés. Cependant, il est souvent un peu dévalorisant. La grosse étiquette rouge ou fluorescente indiquant -30%, -40% a tendance à stigmatiser les produits. Elle les rend moins consommables, voire douteux aux yeux du client.

Prix dynamique : les supermarchés et la planète gagnants

Par ailleurs, avec les prix dynamiques, le supermarché supporte moins d’invendus et de pertes en augmentant ses ventes. Grâce à l’IA qui propose un prix optimal, le supermarché accroît ses marges. Le prix dynamique permettrait ainsi d’augmenter le CA de 20% et les marges de 3%.

Et enfin, le prix dynamique permettrait de réduire le gaspillage alimentaire de 50%. Au gaspillage alimentaire s’ajoute tout le gaspillage de ressources du champs à la benne à ordure quand les produits ne peuvent même plus bénéficier à des associations ou être récupérés et upcyclés. Selon Food Navigator, un tiers des produits alimentaires seraient gaspillés chaque année, totalisant 7% des gaz à émission de serre.

Prix dynamique : un juste prix pour les producteurs à long terme ?

Food Navigator indique que la solution de Wasteless devrait être déployée dans plus de 300 supermarchés Européens d’ici la fin de l’année. Avec la crise du Covid, les questionnements sur l’alimentation et le réchauffement climatique, mais aussi avec des initiatives telles que Too Good To Go qui permet de récupérer les invendus des commerçants à prix cassés, les consommateurs devraient y être sensibles.

Une question toutefois nous taraude. Elle fait référence à la loi Egalim, et à la problématique du juste prix payé aux Producteurs par les Distributeurs… Faut-il craindre un effet pervers de ce système de prix dynamique ; lequel pourrait tirer les prix vers le bas si les consommateurs donnaient massivement leur préférence à des DLC courtes ?

Image : copie d’écran

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob