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Covid : l’accélérateur de Bio ?

Publié le 29 mars 2021

Les Français se sont remis aux fourneaux depuis la crise du Covid

La crise sanitaire de la Covid et le confinement ont renforcé la consommation de produits Bio en France. Réalisé par Spirit Insight, le 18ème baromètre de L’Agence Bio vient de paraître. Il permet de mettre en lumière les changements de comportements alimentaires des Français et l’évolution de leur perception et consommation du Bio. “Cuisiné maison”, modes d’achat et de consommation, locavorisme, nouveaux consommateurs de Bio, santé, environnement… Le Bio gagne du terrain !

Les Français plus attentifs à l’alimentation : un accélérateur pour le Bio ?

17 mars 2020 : la France est confinée pour éviter la propagation de la Covid. Privés de sorties et d’activités, les Français se mettent à cuisiner. Ce faisant, ils sont également plus attentifs à leurs achats alimentaires. Le contexte anxiogène les poussent à préserver leur capital santé et à manger plus sainement. Il invite aussi chacun à considérer l’impact de ses achats alimentaires sur l’environnement. En effet, certains chercheurs font explicitement le lien entre nos modes de consommation, leurs impacts sur la biodiversité et la zoonose qui frappe la planète.

La crise sanitaire a exacerbé la tendance du consommer sain, de saison, local, fait maison et éthique. En 2020, selon le baromètre, cette tendance se généralise alors qu’elle était plus flagrante chez les consommateurs de Bio en 2019.

Des comportements alimentaires qui changent en faveur des valeurs du Bio

Dans ce contexte deux comportements ont été accentués en 2020, rapprochant ainsi la base globale des consommateurs interrogés des consommateurs de Bio.

Cuisiner des produits frais de saison en limitant le gaspillage

Premièrement le fait de « cuisiner davantage » enregistre une progression de 8% entre 2019 (47%) et 2020 (55%). Cette tendance est plus accentuée chez les moins de 35 ans. Elle vient par ailleurs corroborer d’autres comportements. Ainsi « éviter les pertes et le gaspillage » recueille 56% des suffrages de la base totale ; contre 57% chez les consommateurs Bio. Puis « acheter davantage de produits frais » réunit 57% des votent de la base totale, contre 59% chez les consommateurs de Bio. Les scores sont les mêmes en ce qui concerne le fait de « consommer davantage de produits de saison ».

Privilégier des produits locaux en circuits courts

Deuxièmement, le fait d’ « avoir privilégié les produits locaux et les circuits courts » est le premier changement d’habitude cité en 2020 avec 59% de citations globales, contre 61% chez les consommateurs de Bio.  Le locavorisme est devenu un véritable engagement, amplifié indéniablement par la crise sanitaire. De multiples raisons peuvent expliquer ce comportement. Réduire le transport et le bilan carbone des produits consommés pour réduire l’impact environnemental de son alimentation … Favoriser les producteurs français locaux afin qu’ils soient plus justement rémunérés, sans intermédiaires … Pouvoir rentrer en contact direct avec les producteurs et mieux connaître les produits que l’on consomme… Favoriser les productions françaises pour préserver la souveraineté alimentaire …

Tous ces comportements, et notamment le locavorisme correspondent bien à la philosophie du Bio.

15% de nouveaux consommateurs de Bio en France en 2020

Dans ce contexte, le Bio a séduit 15% de nouveaux consommateurs.

Parmi ces derniers, l’on compte 21% de 18-24 ans, particulièrement sensibles à la protection de l’environnement. Cette donnée peut paraître surprenante car la génération « étudiante » a aussi largement fait les frais de la crise et s’est retrouvée dans une grande précarité alimentaire.

20% des nouveaux consommateurs Bio sont des CSP­­-, c’est à dire des catégories socio-professionnelles moins favorisées.

Enfin, 17% des nouveaux consommateurs de Bio sont des femmes.

73% de ces nouveaux consommateurs ont commencé à consommer Bio avant le premier confinement, sachant que la Covid occupait les médias depuis novembre 2019. Le premier confinement a sans doute été un accélérateur puisque 17% de ces nouveaux consommateurs se sont tournés vers le Bio à ce moment-là.

Les freins au Bio

Pour finir, le baromètre 2020 de L’Agence Bio indique que le prix des produits Bio est de moins en moins un frein à leur consommation. Pour 53% des Français, la part du budget consacré au Bio reste stable en 2020. Cependant, elle a légèrement diminué pour les personnes sans activité. Mais globalement, 80% des Français envisagent de maintenir leur consommation future de produits Bio, et 11% envisagent même de l’augmenter.

L’acceptabilité du prix des produits Bio : une question complexe

Pour autant, en 2020, 54% des sondés pensent qu’il n’est « pas normal » qu’un produit Bio puisse coûter plus cher qu’un produit non-Bio. La question peut paraître ambiguë car plurielle. Premièrement, elle interroge la compréhension des cahiers des charges, de la qualité, de la chaîne de valeur et du juste prix par les consommateurs. Deuxièmement, elle questionne aussi l’équité sociale à travers l’accessibilité financière des produits Bio. Troisièmement, elle renvoie enfin à un investissement dans des choix d’agriculture, de production et d’alimentation en considérant l’homme au cœur d’un système respectueux de la santé et de l’environnement.

D’autres freins : confiance, intérêt, locavorisme non-bio

Le prix, 1er frein pour 73% des répondants, n’est cependant pas le seul frein à la progression du Bio. Figurent aussi parmi les freins les doutes sur le fait que les produits soient totalement Bio (48%), corrélés, pour les non-consommateurs, avec un manque d’intérêt pour le Bio (47%). Enfin, dans la veine du locavorisme, l’attrait des produits locaux non Bio (41%) occupe la troisième place du podium.

Un monde plus Bio après la Covid ?

Une consommation et une perception en amélioration constante

Quoiqu’il en soit, le Bio continue sa progression en France. 9 Français sur 10 consomment des produits Bio en 2020. 13% en consomment tous les jours. 34% en consomment au moins une fois par semaine. 73% en consomment au moins une fois par mois. 17% en consomment moins d’une fois par mois. Le taux de non-consommateurs est stable depuis ans, autour de 10%.

De surcroît, 98% des Français connaissent le label AB et 65% connaissent l’Eurofeuille. 86% des interrogés pensent que l’agriculture biologique contribue à préserver l’environnement. 81% des Français pensent que les produits Bio sont meilleurs pour la santé. 72% pensent que les produits Bio préservent mieux les qualités nutritionnelles. 71 % considèrent que les produits Bio sont source d’emplois.

Budget et nouvelles habitudes à l’épreuve de l’ « après-Covid » ?

Reste à savoir si le budget alloué aux produits Bio et le temps dédié aux nouvelles habitudes alimentaires et modes de consommation vont réellement perdurer après la Covid. La recherche de bénéfices santé et immunitaires via une meilleure nutrition pourraient effectivement aller dans ce sens. De même qu’une certaine prise de conscience de l’effet de nos modes de consommation sur la planète. Mais les frustrations subies depuis plus d’un an pourraient aussi faire exploser les dépenses de sorties et  loisirs au détriment du budget et temps consacré à une meilleure alimentation et au Bio.

Les prochains baromètres seront sans doute très instructifs sur ce point.

Christelle Thouvenin pour Wonderfoodjob

Photo by Jason Briscoe on Unsplash